Réforme du système de santé : des préoccupations pour l'avenir

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«On ne connaît pas encore le mécanisme, mais supposons qu'il va avoir un conseil d'administration qui va relever du CISSS, à Longueuil. Croyez-vous vraiment que les gens de Granby, de Brome-Missisquoi ou même de ma ville vont se déplacer pour voir ce qui se dit?», souligne Paul Sarrazin, l'un des deux représentants de la population sur le conseil d'administration du CSSS de la Haute-Yamaska.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) «Nous, on continue à travailler comme si de rien n'était, mais est-ce un coup d'épée dans l'eau?» Paul Sarrazin, maire de Sainte-Cécile-de-Milton et représentant élu de la population sur le conseil d'administration du CSSS de la Haute-Yamaska, se questionne sur ce que l'avenir réserve à l'administration dans le réseau de la santé.

«On était sur une belle lancée, confie M. Sarrazin. Ça serait faux de dire que ça ne nous préoccupe pas, faut être réaliste. Nous aurons des rencontres prochainement, on aura probablement plus d'informations que ce qui a été véhiculé pour l'instant.»

L'épée de Damoclès est suspendue au-dessus du CA du Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Yamaska, dit-il. «On a quand même des beaux projets qu'on espérait faire cheminer, est-ce que ça va ralentir ces projets-là, le temps que ça se mette en place? Ça a un impact. Chaque année qu'on retarde un projet, c'est des coûts.»

Il donne en exemple le Centre mère-enfant, dont le dossier de son aménagement, au-dessus de l'urgence de l'hôpital de Granby, progresse. Il s'agit d'un projet au coeur des préoccupations du conseil d'administration. Cependant, il se demande ce qu'il en adviendra, tout comme pour le reste des efforts concertés des dernières années.

«Les cinq dernières années, au niveau du CSSS, on a réussi à bien gérer notre vaisseau, confie-t-il. On est rendu, je pense, performant au niveau du service à la population. On a répondu à certaines contraintes financières.»

Il redoute qu'en diluant l'administration locale avec les préoccupations de l'ensemble de la Montérégie, le tour de force soit vain.

Moins de place pour le citoyen?

Le conseil d'administration du CSSS de la Haute-Yamaska ne s'est toujours pas réuni depuis le dépôt du projet de loi 10, modifiant l'organisation et la gouvernance du système de santé et de services sociaux, présenté le 25 septembre par le ministre Gaétan Barrette. Chose certaine, M. Sarrazin et ses compères sont préoccupés, fait-il savoir.

La refonte propose l'abolition des Agences de santé et de services sociaux et la fusion des CSSS régionaux, tels que les CSSS de la Haute-Yamaska et de la Pommeraie, qui seraient réunis sous le même Centre intégré de santé et de services sociaux. Le CISSS de la Montérégie gouvernerait tous les établissements de santé à partir de Longueuil et prendrait les décisions pour l'entière région par son seul conseil d'administration.

Les séances publiques du conseil d'administration du CSSS de la Haute-Yamaska ne connaissent pas un grand achalandage, mais Paul Sarrazin affirme que, lorsqu'il y a un sujet d'intérêt pour des usagers, des groupes se présentent pour faire connaître leur point de vue aux administrateurs.

«On ne connaît pas encore le mécanisme, mais supposons qu'il va avoir un conseil d'administration qui va relever du CISSS, à Longueuil. Croyez-vous vraiment que les gens de Granby, de Brome-Missisquoi ou même de ma ville vont se déplacer pour voir ce qui se dit?»

En tant que citoyen, il craint que la population ait une moins grande représentativité, d'autant plus qu'il n'y a que deux sièges sur le CA pour les membres du comité des usagers.

Quant à l'accessibilité à l'information de première instance, «on dit toujours que c'est de la responsabilité des citoyens de voir à ces choses, évoque-t-il. Si on n'est pas facilitant, si on s'éloigne encore plus de la population...»

Bénévole tout comme M. Sarrazin, Juliette Dupuis, présidente du comité des usagers du CSSS de la Haute-Yamaska, ne sait pas ce que deviendront les comités. Elle a donc préféré ne pas commenter pour le moment. «Présentement, tout n'est pas finalisé, donc on ne sait même pas où on s'en va avec tout ça. On attend de voir exactement ce qui va être fait parce que là, on n'a pas de précision.»

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