Cowansville: un égout sanitaire se vide dans la rivière Yamaska

Hugues Bourret, technicien en génie civil pour le... (photo Stéphanie Mantha)

Agrandir

Hugues Bourret, technicien en génie civil pour le service des infrastructures de Cowansville, assure que les travaux de raccordement au réseau d'égouts sanitaires de la municipalité seront réalisés en 2013.

photo Stéphanie Mantha

Partager

Sur le même thème

Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Un citoyen de Cowansville a été stupéfait, voire outré, lorsqu'il a découvert que l'égout sanitaire d'une résidence de la rue William se déversait directement dans la nature depuis des dizaines d'années, car elle n'a jamais été raccordée au réseau de la municipalité.

L'homme, qui tient à garder l'anonymat, a aperçu par hasard des matières fécales et d'autres détritus en marchant en bordure de la rivière Yamaska. «À l'automne 2011, je me promenais avec mon chien sur la rue William quand il est descendu près de la rivière. En allant le chercher, j'ai senti une odeur désagréable en m'approchant d'un tuyau d'égout. C'est alors que j'ai vu des résidus blanchâtres et un liquide corrompu en sortir. C'était évident que ça provenait d'une toilette et ça descendait directement vers la rivière. Nous ne sommes plus dans les années 50, c'est inconcevable», a-t-il clamé.

Le citoyen a donc signalé le problème à la municipalité dès son retour à la maison. «J'ai donné l'adresse de la maison située vis-à-vis le tuyau au directeur du service d'infrastructures, a-t-il indiqué. Il m'a répondu que la Ville était au courant et que des travaux seraient effectués au cours du printemps 2012.»

L'automne suivant, voyant que la problématique n'avait pas été corrigée, le Cowansvillois a rappelé la municipalité afin de savoir pourquoi le raccordement n'avait pas été effectué. «Ils m'ont simplement dit qu'ils ont eu du retard dans leur échéancier et que ce serait fait après l'hiver. Des égouts dans la rivière, il semble que ça ne fait pas partie des priorités à Cowansville. D'autant plus que je sais que la maison en question date de plusieurs dizaines d'années. C'est révoltant!», a-t-il lancé. Vérification faite auprès de la municipalité, la demeure aurait été construite au milieu des années 60. Les déversements ne sont donc pas récents.

Mea culpa

La Voix de l'Est s'est rendue sur les lieux il y a quelques jours pour constater de visu la situation. Sur place, des détritus jonchaient toujours le sol et il a suffi de s'approcher à quelques pieds du tuyau pour constater qu'il s'agit d'un égout sanitaire, notamment en raison de l'odeur nauséabonde qui s'en dégage. De son côté, Hugues Bourret, technicien en génie civil pour le service des infrastructures de Cowansville, a confirmé que le problème est bien connu. En fait, le dirigeant des services techniques a nommé l'adresse de la résidence de la rue William avant même que la question lui soit posée par le journal. Il n'a toutefois pas été en mesure d'expliquer pourquoi la maison n'a jamais été reliée au réseau de la municipalité.

«Je suis conscient que c'est déplorable, a-t-il dit d'entrée de jeu. Dans le meilleur des mondes, ça ne devrait jamais arriver. Les égouts se rendent de chaque côté de la demeure, mais c'est la seule de la rue, même de la ville en entier, qui n'est pas raccordée aux égouts sanitaires en ce moment.»

M. Bourret a assuré que le «dossier» sera complété cette année. «Nous avons eu beaucoup de retard à cause des bris d'aqueduc l'an dernier. Mais ça va se faire, c'est certain. Nous allons investir 150 000$ pour raccorder la résidence et faire d'autres travaux dans le secteur. Ça fait partie des dépenses autorisées pour 2013», a-t-il affirmé, ne voulant toutefois pas s'avancer sur une date précise. Des documents obtenus par La Voix de l'Est ont corroboré que la somme figure bien dans la liste des dépenses du service d'infrastructures.

Problème de juridiction

Mise au fait de la problématique qui perdure, Renée Plamondon, directrice adjointe au Centre de contrôle environnemental du Québec pour le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), s'est contentée de dire que les égouts résidentiels sont de juridiction municipale. «Les Villes doivent agir en bons gestionnaires et corriger les problèmes en lien avec les égouts sanitaires le plus rapidement possible», a-t-elle affirmé, ajoutant qu'un suivi est assuré «seulement si une plainte au sujet des égouts sanitaires est logée au MDDEP.»

Le règlement qui s'applique dans ce cas émane de la Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2, r.22), qui stipule que «nul ne peut rejeter ni permettre le rejet dans l'environnement des eaux provenant du cabinet d'aisances d'une résidence isolée ou des eaux usées ou ménagères d'une résidence isolée». Une résidence est considérée comme étant isolée si elle comprend six chambres à coucher ou moins et qu'elle n'est pas reliée à un système d'égout autorisé.

Le propriétaire de la résidence de la rue William n'a pas rappelé La Voix de L'Est.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer