Jusqu'à 10 ans de prison demandés pour une mère indigne

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Déviance, perversion, déresponsabilisation, alcoolisme, toxicomanie. La Couronne a dressé un sombre portrait d'une femme de la région de Brome-Missisquoi, hier, coupable d'avoir drogué et abusé de ses trois jeunes enfants.

Les «gestes odieux», a rappelé Me David Saint-Georges à la Cour, se sont répétés une vingtaine de fois en 2010 et en 2011, alors que l'accusée, que l'on ne peut nommer afin de protéger l'identité des victimes, avait un nouveau conjoint.

Les sévices subis ont de quoi donner le haut-le-coeur. On faisait prendre, parfois à leur insu, des amphétamines aux victimes, qui avaient à l'époque 7, 8 et 13 ans, puis on les incitait à regarder des films pornos avant de prendre part aux jeux sexuels des adultes au sous-sol de leur propriété, aménagé en «donjon sexuel».

Les deux filles ont eu des relations complètes non protégées avec le nouveau conjoint de leur mère, tandis que le fils a dû faire de même avec sa mère.

Tous ont aussi pratiqué une panoplie de gestes sexuels avec les adultes, incluant masturbations, fellations et cunnilingus, en plus de filmer certains actes. L'un des enfants a également halluciné à la suite de l'absorption de drogue, nécessitant d'être attaché. Ils sont aujourd'hui placés en famille d'accueil.

Influence

Depuis le début des procédures judiciaires, la femme de 35 ans se pose en victime de son partenaire, Éric Beauchamps, disant avoir été influencée par lui ainsi que par la drogue et l'alcool. Me Saint-Georges conteste cet argument.

"Elle est passée à l'acte en toute connaissance de cause, estime-t-il. Elle a délibérément choisi de mettre en scène une sexualité déviante en mettant ses enfants en péril."

Me Saint-Georges affirme, rapports d'experts à l'appui, que l'accusée, qui était aussi prostituée, a tenu un rôle très actif et "axé sur le plaisir". Il souligne qu'elle n'a jamais cherché quelque aide que ce soit pour ses problèmes de dépendance, ni à protéger ses enfants. Elle savait d'ailleurs que l'aînée avait déjà été violée par son père naturel et n'a rien fait pour éviter que la situation se reproduise.

La Couronne rappelle que la mère indigne exprime peu de remords face à ses gestes, même qu'elle les minimise. Les psychiatres n'ont d'ailleurs pas réussi à rendre des rapports d'expertise complets puisqu'elle a refusé de répondre à certaines questions, disant ne pas se rappeler certains faits parce qu'elle était trop droguée à l'époque. Les risques de récidive ne sont donc pas à écarter, dit Me Saint-Georges.

Quant aux marques sur ses enfants, "elles sont indélébiles", soutient la Couronne, rappelant que "la protection des enfants est une valeur pérennise de la société". En vertu de quoi, elle recommande une peine de prison allant de sept à 10 ans.

Compassion

La défense recommande plutôt une incarcération de quatre ans. Me Kim Dingman fait valoir que l'accusée a bel et bien exprimé des remords et que tout compte fait, elle a fait montre de compassion envers ses enfants en plaidant rapidement coupable aux accusations qui pesaient contre elle, leur évitant d'avoir à témoigner en cour.

Elle rappelle que "toute cette situation se déroule dans un contexte de consommation de drogue et d'alcool à l'extrême" et que le conjoint de l'accusée, lui aussi toxicomane, "avait un ascendant sur elle". Sa cliente a elle-même été victime d'inceste dans sa jeunesse, dit Me Dingman.

La femme n'a de plus aucun antécédent judiciaire et a jusqu'à ici respecté toutes ses conditions de remise en liberté provisoire. Elle s'est aussi impliquée dans les Narcotiques anonymes. "Il faut favoriser la réinsertion sociale", dit Me Dingman.

Incarcération

Fait inusité, le juge Serge Champoux a ordonné hier la mise en détention immédiate de l'accusée, bien qu'il ne doit rendre sa sentence qu'en avril.

Un magistrat peut agir ainsi lorsque l'éventualité d'une longue peine de prison ne fait aucun doute. Invitée à s'exprimer avant, la femme a décliné cette offre.

Quant à M. Beauchamps, 44 ans, il a aussi plaidé coupable et doit revenir devant la cour pour sa sentence.

Il est de plus accusé de meurtre dans un autre dossier, à Montréal, un crime qui remonte à 1995.

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