Les Québécois, une mine d'or pour les commerçants floridiens

Le tourisme représente des retombées évaluées à des dizaines de  milliards de... (photo Karine Blanchard)

Agrandir

photo Karine Blanchard

Partager

Sur le même thème

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Hollywood) Le tourisme représente des retombées évaluées à des dizaines de milliards de dollars pour l'État de la Floride. Lorsque le froid et la neige se pointent à l'horizon, 3,2 millions de Canadiens profitent du soleil et des plages de la Floride, dont quelque 750 000 Québécois. Leur présence est une véritable mine d'or pour les commerçants.

Que ce soit au motel Delmar, Granby ou Richard, les chambres sont louées en presque totalité par des gens de chez nous. Et plusieurs de ces établissements sont en plus opérés par des Québécois, comme Butch Boilard, qui a vendu tout ce qu'il possédait au Québec pour s'établir en Floride, il y a 35 ans.

«Je suis venu en Floride et tout de suite, j'ai tout vendu au Québec pour m'installer ici. Je n'aimais pas le froid et la neige», explique M. Boilard, rencontré à son motel qui a pignon sur rue à moins d'une minute de la plage d'Hollywood.

Sa conjointe et lui ont donc pris la route à destination de la Floride. Ce fut le début d'une nouvelle aventure. «Je m'en venais pour acheter un motel parce qu'il y a du tourisme québécois», dit l'homme originaire de la Beauce.

"C'est mon chez-nous. Mes enfants sont nés ici, ils travaillent ici." Butch Boilard se rend chaque année à Granby pour visiter des amis en faisant un arrêt obligatoire Chez Ben on s'bourre la bedaine pour y déguster la célèbre poutine!La période la plus achalandée s'échelonne de novembre à mai. Deux semaines, quatre semaines, quatre mois, les Québécois composent 99,9 % de sa clientèle âgée en moyenne de 55 ans et plus."La clientèle est formidable", affirme l'hôtelier, en précisant qu'elle vieillit, mais qu'il y a toujours un plus jeune qui devient client chez lui.

Motel Granby

Ne soyez pas surpris si vous voyez le Motel Granby... à Hollywood! "C'est un pur hasard", explique Nicole Bergeron, la gérante de l'endroit, au sujet du nom. Lorsqu'un Québécois originaire de Victoriaville a acheté le motel, le nom Granby était écrit avec un "i". Cette lettre a donc été remplacée par le y pour devenir Granby, comme la ville au Québec.

Qu'importe son épellation, le motel attire les touristes de chez nous. "À 99,9 %, les clients sont des Québécois. J'ai une clientèle établie qui revient année après année", précise Mme Bergeron, tombée en amour avec la Floride dans les années 1980. L'été, elle compte aussi quelques Européens comme clients.

Les touristes qui séjournent à ce motel sont en majorité des retraités et des semi-retraités qui sont là de trois à quatre semaines, ou plus. Sitôt les vacances terminées, les clients réservent déjà pour l'année suivante.

Et tout est mis en place pour offrir un bon service aux Québécois. "Je vais les chercher à l'aéroport et pendant leur séjour, je vais avec eux faire leur épicerie puisqu'ils n'ont pas de voiture", explique Diane Bergeron.

Propriétaire des sept hôtels Richard, Richard Clavet a découvert la Floride grâce à ses périples à vélo alors qu'il était jeune adulte. "Je me suis trouvé un emploi et j'ai commencé à apprendre comment fonctionnait un hôtel", explique-t-il.

Un pas à la fois, il a gravi les échelons pour finalement obtenir la gérance de l'hôtel où il travaillait. Puis, l'homme originaire de la région de Québec a fait le saut dans le monde des affaires en ouvrant son premier hôtel. "J'ai convaincu mes parents et on a fait une offre vraiment ridicule qui a été acceptée!", se souvient M. Clavet.

Ses établissements ont la cote auprès des gens de chez nous, et même des artistes qui se produisent en Floride. "En hiver, c'est juste rempli de Québécois, dit celui qui est dans les affaires depuis 23 ans et qui vit là-bas avec sa conjointe et ses enfants. Je me suis spécialisé avec les Québécois et c'est ma clientèle première."

Il n'y a pas que pour les hôteliers que les affaires sont bonnes lorsqu'il est question du tourisme québécois. On entend couramment parler français dans les épiceries, supermarchés, centres commerciaux, dépanneurs et restaurants.

Au restaurant Montréal BBQ de Sunny Isles, par exemple, le personnel est 100 % Québécois. D'autres restaurateurs s'efforcent aussi d'offrir un service en français aux gens d'ici, dont plusieurs ne parlent pas ou peu anglais. Certains y vont d'un "Bonjour", "Bon appétit" et "Merci", ce qui fait le bonheur des clients.

Devenir propriétaire

Certains des vacanciers qui ont la piqûre de la Floride choisissent de devenir propriétaires d'une résidence secondaire ou d'un condominium. Sylvie Barrette est agente immobilière depuis 12 ans en Floride. Sa clientèle est composée à 60 % de Québécois. "La demande est là et elle est très grande", dit-elle.

L'agente affirme que 80 % des Québécois aiment être avec d'autres Québécois. Les secteurs qui sont privilégiés sont entre autres Sunny Ilses, Hallandale et Hollywood. Il est toutefois faux de croire qu'on peut devenir propriétaire pour une bouchée de pain. "À cause de la crise, il y a encore des gens qui pensent acheter une propriété à 35 000 $ qui valait 250 000 $ et être sur la plage à ce prix. C'est faux. Ça n'existe pas. Ce n'est plus vendu au rabais. Il y a de moins en moins de propriétés en difficulté financière", explique Mme Barrette.

"Les prix ont commencé à monter, alors les Québécois qui n'ont pas acheté s'empressent de le faire au moment où on se parle", ajoute-t-elle. Preuve que la Floride est véritablement le deuxième chez soi de bien desQuébécois.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer