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Une centaine de militants à Sutton pour contrer le projet d'inversion de l'oléoduc de Montréal Pipeline

Raquettes, skis et bottes de marche aux pieds,... (photo Stéphanie Mantha)

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Raquettes, skis et bottes de marche aux pieds, les manifestants ont arpenté les sentiers de Plein air Sutton.

photo Stéphanie Mantha

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Les sables bitumineux

Environnement

Les sables bitumineux

Un éclairage sur la ruée vers l'or noir. »

Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Sutton) Une centaine de militants ont bravé le froid, samedi, pour prendre part à une marche dans les monts Sutton pour contrer le projet d'inversion de l'oléoduc qui relie Montréal à Portland.

En après-midi, raquettes, skis et bottes de marche aux pieds, des membres de groupes comme Équiterre, Greenpeace ainsi que de simples citoyens ont commencé à arpenter les sentiers de Plein air Sutton à la queue leu leu. «Grâce à cette marche, nous voulons communiquer nos craintes et nos appréhensions au sujet des tuyaux qui sont cachés sous nos pieds pour que les enjeux ne le demeurent pas», a lancé le publicitaire Richard Leclerc, un des organisateurs de la journée, quelques minutes avant le départ du groupe.

En fait, les manifestants craignent que la compagnie Montréal Pipeline mène à terme son projet d'inversion de l'oléoduc transportant le pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta entre Montréal et Portland. Selon Jean-Pierre Gravel, du comité pour l'environnement de Dunham, la compagnie pétrolifère tente ni plus ni moins de remettre le défunt projet Trailbreaker sur les rails. «La stratégie de Montréal Pipeline est de morceler les projets pour les présenter à de petits groupes de gens pour éviter qu'il y ait un soulèvement. Ça leur permet d'avancer petit à petit plutôt que de proposer un projet comme Trailbreaker, qui a été fortement contesté», a-t-il expliqué.

M. Gravel estime que la seule façon de rendre le projet sécuritaire est de le soumettre à une analyse approfondie du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). «Le BAPE regroupe des experts indépendants d'ici. Ils pourraient avoir un droit de regard sur l'état des tuyaux qui, soit dit en passant, datent des années 50 et 60 pour la plupart. Ce sont des équipes de Montréal qui viendraient fermer les vannes s'il y a un déversement à Sutton. Avec un débit de 22 000 litres/minute, les impacts environnementaux seraient énormes. Il y a de quoi se poser de sérieuses questions», a-t-il fait valoir.

Le président du comité pour l'environnement de Dunham, Jean Binette, va dans le même sens. Selon lui, il n'y a pas de pipeline datant de cette époque qui puisse être considéré comme sûr en 2013. Il ajoute que lorsqu'il y a inversion du flux, les risques augmentent encore plus.

"On ne peut pas risquer toute une région, et même au-delà puisque le pipeline couvre Montréal jusqu'à la frontière du Vermont. N'importe quelle fuite importante pourrait se retrouver dans la rivière Yamaska, Richelieu ou le fleuve Saint-Laurent", a-t-il prévenu en entrevue à La Presse Canadienne.

Eau potable

Pour les membres du comité environnement Saint-Césaire, la manifestation s'inscrit dans une logique de protection de la santé publique. "Notre but, c'est de protéger nos réserves d'eau potable. À Saint-Césaire, nos trois seuls puits d'alimentation se trouvent à moins de 2000 pieds de la station de pompage. Les citoyens courent un grand risque s'il y a un déversement", a mentionné Kevin Dufresne, un des membres du comité. D'ailleurs, en 1950, un déversement majeur de 125 000 galons s'était produit à la station de pompage de la municipalité. Les dirigeants de la compagnie de l'époque avaient décidé de faire flamber le pétrole. "C'était tellement gros que les gens de Granby pensaient que Saint-Césaire flambait au complet", a mentionné Jean Binette.

Un second incident est survenu en 1999, alors que 45 000 litres ont été déversés près de la station de pompage. Des hydrocarbures sont par ailleurs toujours présents dans la rivière Yamaska, souligne M. Binette. "C'est la sécurité civile et notre environnement qui sont en jeu, pas seulement le transport des hydrocarbures", a ajouté M. Dufresne.

Selon M. Binette, un des principaux problèmes qui freine le projet de contestation est le fait que le gouvernement fédéral ne veut pas prendre position dans le dossier. "Nous avons découvert que le tronçon du pipeline qui nous concerne appartient à Montréal Pipeline, une entité de Suncor à 24 % et de Exxon à 76 %, deux géants très impliqués dans les sables bitumineux de l'Alberta. On sait pertinemment que le gouvernement Harper ne fera pas d'étude sur le pipeline. Le lobby dans le monde pétrolier est très fort et il y a beaucoup d'argent en jeu. Même le président de Montréal Pipeline, Larry Wilson, ne veut pas se prononcer sur une éventuelle étude, c'est inquiétant", a-t-il clamé.

Contestataire, mais festif

En fin de journée, un rassemblement, auquel certains acteurs du monde politique et artistique ont notamment pris part, s'est déroulé autour d'un feu de joie. Le poète Raoul Duguay, membre de la coalition Eau Secours, était du nombre. Après avoir réchauffé la foule d'un vibrant discours, le militant a entamé la lecture d'un poème s'intitulant Babylone composé spécialement pour l'occasion. En voici un extrait: "Dans cette belle Babylone toute vêtue d'or et d'argent, le prix de l'or jaune est toujours à la hausse. Préférant partager les profits plutôt que la vie, les obèses spéculateurs se sont enivrés. Agenouillés devant les veaux d'or de leur pipeline visqueux, corrosif, abrasif, ils cuvent le pétrole qui coule dans leurs veines."

Marie Bouillé, députée dans Iberville a ensuite pris la parole. "Merci d'être là en grand nombre pour une cause qui vaut vraiment la peine. Autant du côté américain qu'ici, il y a une mobilisation qui doit faire une différence. Il faut interpeller la compagnie Montréal Pipeline pour savoir ce qu'elle a dans ses cartons. Il faut qu'ils nous disent la vérité. Quels impacts ça aura sur la population, tant au niveau de l'eau potable que de la sécurité publique? Oui à l'autonomie énergétique, mais pas à n'importe quel prix. Le projet d'inversion du pipeline inquiète et nous allons continuer de nous battre", a-t-elle lancé.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne

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