Les cours gagneraient à être modernisés, croient les instructeurs d'ici

Frédéric Fecteau, instructeur pour l'école de conduite Tecnic... (photo Stéphanie Mantha)

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Frédéric Fecteau, instructeur pour l'école de conduite Tecnic de Granby.

photo Stéphanie Mantha

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) La réforme a aussi ses effets dans la région. À Granby, le taux de réussite aux examens de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) s'élevait à 79 % en 2011 pour les personnes qui ont suivi un cours de conduite, contre 69 % pour ceux qui ont appris de façon autodidacte. Mais, bien qu'il croit que les cours de conduite obligatoires permettent d'améliorer le bilan routier, Denis Léveillée, instructeur et propriétaire de l'école de conduite Super à Saint-Césaire, estime que le matériel servant à la formation n'est pas adapté à la réalité que vivent les automobilistes.

«En 1997, quand les cours n'étaient plus obligatoires, c'était le bordel! Les gens faisaient n'importe quoi. Ramener les cours de conduite [obligatoires], je n'ai rien contre ça. Au contraire, je crois que c'est une bonne affaire. Ce qui me dérange, c'est que l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR) m'oblige à utiliser du matériel qui n'est pas à jour. Ce n'est pas la durée du cours qui est importante, c'est la façon de l'enseigner. Je n'ai pas le choix de sortir du cadre pour donner une bonne formation», soutient-il. Selon M. Léveillée, l'ajout de vidéos d'accidents de voiture viendrait notamment «freiner les ardeurs» des jeunes conducteurs.

Frédéric Fecteau, instructeur pour l'école de conduite Tecnic de Granby, tient des propos plus nuancés. Il souligne que les cours de l'AQTR sont adéquats, mais qu'ils pourraient être bonifiés. «Les instructeurs sont de mieux en mieux formés. Le matériel pourrait être remis au goût du jour, mais en général, c'est bien. Avec la nouvelle réforme qui rend les cours obligatoires depuis janvier 2010, il y a de moins en moins de place pour les petites écoles dans les sous-sols. Et c'est tant mieux pour tout le monde», dit-il.

Taux de réussite surprise

Frédéric Fecteau se dit surpris que le taux de réussite à l'examen de la SAAQ soit si élevé chez les gens qui n'ont pas suivi de cours. Il croit que ce pourcentage ne reflète pas les aptitudes réelles de ces futurs conducteurs. «La majorité des personnes qui apprennent à conduire par leurs propres moyens pratiquent beaucoup plus que ceux qui suivent des cours. C'est un fait. Quand vient le temps de passer l'examen, plusieurs passent de justesse, mais seulement parce qu'ils ont tellement pratiqué. C'est sans compter qu'ils n'ont pas les notions théoriques que nous donnons à nos élèves. Une fois sur la route, ils deviennent souvent téméraires. Ils ne conduisent pas en pensant aux autres automobilistes qui les entourent», a-t-il expliqué, ajoutant que les examens de la SAAQ ne sont pas assez sévères.

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