Les perchaudes dans le réservoir Choinière sont-elles menacées?

Les grosses prises sont rares au réservoir Choinière,... (photo Janick Marois)

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Les grosses prises sont rares au réservoir Choinière, selon M. Théorêt. Sur les 50 perchaudes qu'il a pêchées hier après-midi, une seule dépassait 25 centimètres.

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Michel Laliberté
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La Voix de l'Est

(Roxton Pond) Les perchaudes sont-elles menacées de surpêche dans le réservoir Choinière? Sont-elles capables d'assurer leur reproduction? Le parc de la Yamaska en aura le coeur net cette année grâce à une étude sur cette population de poissons qui habite le plan d'eau.

On s'inquiète beaucoup au parc de la Yamaska pour les perchaudes. Notamment parce qu'on ne possède pas de données sur l'état des stocks et que la pêche y est très populaire, souligne Alain Mochon, responsable du service de la conservation et de l'éducation du parc national de la Yamaska. «On essaie de documenter ce qui se passe, mais c'est très difficile. On n'a pas vraiment d'informations sur les poissons pêchés dans les lacs de la région. Mais ici, c'est un parc national. On a une mission de conservation de la flore et de la faune. C'est important qu'on sache comment se porte cette ressource. Si la population de poissons venait à être menacée, ça serait très gênant de n'avoir rien fait.»

Depuis trois ans, les employés du parc recueillent des informations durant la saison de pêche blanche. La collecte de données en 2011-2012 s'est avérée la plus complète. D'après les informations obtenues par le parc de la Yamaska, 43 663 perchaudes ont été prises lors de 1521 parties de pêche. «C'est une estimation conservatrice. Ce ne sont pas tous les pêcheurs qui nous ont remis une fiche de pêche et on n'a pas de fiches pour le reste de l'année», fait cependant remarquer M. Mochon. «On sait qu'il se pêche beaucoup plus de perchaudes que ça. C'est sûrement plus de 50 000», estime-t-il.

M. Mochon s'est rendu souvent durant le dernier hiver à la rencontre des pêcheurs sur le réservoir. Il a pu examiner leurs prises. Ses observations ne l'ont pas rassuré. «Il y avait plusieurs poissons très petits», a-t-il dit.

L'étude, que mènera la firme Dessau, débutera dans les prochaines semaines. Dans un premier temps, explique le biologiste, une recension des données disponibles sera effectuée. Puis une centaine de poissons seront pêchés à différents endroits dans le lac. Ils seront pesés et mesurés et des prélèvements seront analysés pour évaluer leur âge et leurs conditions de santé. Cette étape permettra de déterminer si le stock se porte bien. Dans l'éventualité où des indices portent à croire que ce n'est pas le cas, une pêche expérimentale sera effectuée cet été.

«Si on a des doutes qu'il y a quelque chose d'anormal, on va aller plus loin. La pêche au filet, c'est un moyen extrême, mais les résultats qu'on en tire sont de très bons indicateurs de l'état de la ressource», soutient M. Mochon.

Pour l'heure, un permis de pêche donne droit à la capture de 50 perchaudes.

«Faire attention»

La pêche a été bonne hier après-midi dans le réservoir Choinière pour Normand Théorêt. Rangeant ses raquettes à neige et son équipement de pêche dans le coffre de son automobile, l'homme de Drummondville raconte avoir atteint son quota au bout de deux heures. Qualifiant l'endroit de «bon pour la pêche», il se dit favorable à l'étude. «Il ne faut pas vider le lac; on doit faire attention.»

M. Théorêt pêche depuis deux ans sur le réservoir. C'est un ami du coin qui lui a refilé le tuyau. Il vient y faire un tour de temps en temps. Hier, une seule grosse prise se trouvait au milieu de poissons de petite taille (moins de 25 centimètres). Les grosses prises sont plutôt rares, dit-il. Et peu de pêcheurs repartent avec leur quota, selon lui.

Alain Mochon aimerait voir un meilleur système de contrôle. Il doute de l'efficacité de celui en place. Les vérifications sont difficiles, voire impossibles. «Comment peut-on vérifier que les gens respectent cette limite?», se demande-t-il, déplorant que cette activité ne soit pas davantage réglementée.

Les conséquences d'une mauvaise gestion de la ressource, soutient M. Mochon, sont majeures et souvent irréversibles. «Peut-être sommes-nous en train de piger dans le capital de poissons et non pas seulement dans les intérêts», a-t-il dit en guise de métaphore.

Les dangers que les perchaudes soient menacées sont bien présents, selon M. Mochon. Il cite le cas du lac Saint-Pierre, cette immense étendue d'eau qui se trouve dans le fleuve Saint-Laurent entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières. La baisse des stocks de perchaudes a forcé le ministère des Ressources naturelles à décréter un moratoire de cinq ans sur toutes les activités de pêche commerciales et sportives de cette espèce. Certains pensent que la mesure arrive trop tard.

La conclusion de l'étude permettra aux autorités de décider si des mesures doivent être mises en place pour protéger le stock de perchaudes. «On espère avoir des recommandations pour assurer une gestion durable de la ressource», a dit M. Mochon.

L'étude, qui coûtera environ 14 000$, sera financée par le Fonds de parcs Québec. Ce fonds spécial est financé par des dons du public.

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