Véronique Chagnon
La Voix de l'Est
(Montréal) La Voix de l'Est, La Presse et La Presse Canadienne - À l'âge de 24 ans, armé d'un pistolet, Paulimus est retourné au collège Saint-Césaire, avec l'idée de faire un mauvais parti au frère qui l'avait attaché, sodomisé et mordu, une douzaine d'années auparavant. Heureusement, ce jour-là, son sombre projet n'a pas abouti. Aujourd'hui, Paulimus a 60 ans. Comme 219 autres compagnons d'infortune, il attend d'être indemnisé par les frères de la congrégation de Sainte-Croix.
Des Paulimus (nom fictif), il y en avait une cinquantaine, hier au palais de justice de Montréal, à piaffer d'impatience pour que le recours collectif visant les frères de Sainte-Croix se règle une fois pour toutes. Des hommes de 40, 50, 60 ans qui ont vécu leur vie, sans jamais oublier.
Un an et quatre mois après le règlement à l'amiable selon lequel les victimes des frères de Sainte-Croix devaient se partager 18 millions de dollars en dommages, aucun des 223 anciens élèves des collèges Saint-Césaire, Notre-Dame et Pohénégamook n'a vu un sou. Les avocats de la congrégation étaient même de retour devant les tribunaux hier matin pour demander une prorogation de six mois dans le processus d'indemnisation des victimes, afin d'avoir, arguaient-ils, suffisamment de temps pour examiner les dossiers de façon équitable.
Mais, selon Sébastien Richard, porte-parole du groupe de victimes, le juge Claude Auclair (Cour supérieure) ne les a pas accueillis comme ils l'espéraient. «Ils demandaient un délai jusqu'en juin, ils ont obtenu jusqu'au 5 mars, date à laquelle ils devront présenter un bilan au juge», se réjouit M. Richard dans les circonstances.
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