L'annonce d'une politique sur l'itinérance accueillie avec soulagement

Un matelas, des contenants de victuailles et différents... (photo Maxime Sauvage)

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Un matelas, des contenants de victuailles et différents objets laissent penser qu'un itinérant a fait des berges de la rivière Yamaska sa maison le temps d'un été.

photo Maxime Sauvage

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Étienne Fortin-Gauthier
La Voix de l'Est

(Granby) Plus de 1000 demandes d'hébergement d'urgence sont restées sans réponse l'an dernier à Granby, en raison du manque criant de ressources. La détresse vécue par de nombreux citoyens de notre région est plus profonde que jamais, au point où une nouvelle classe d'itinérants voit le jour. Dans ce contexte, l'annonce de la première ministre Pauline Marois concernant la mise en place d'une politique pour contrer l'itinérance est accueillie avec soulagement par les intervenants qui travaillent avec les plus démunis de notre société.

«Nous constatons qu'il y a beaucoup de nouvelles personnes qui font un séjour chez nous. Avec une prestation d'aide sociale établie à 592$ par mois, ce n'est pas assez pour défrayer un logement, de la nourriture et des vêtements. Les gens sont souvent confrontés à faire un choix entre avoir un logement ou manger. Ils sont étranglés financièrement, sont jetés à la rue et deviennent de nouveaux itinérants», constate Steve Bouthillier, le directeur de la Maison du Passant, qui offre un service d'hébergement d'urgence à Granby.

Le coordonnateur du Groupe Actions Solutions Pauvreté en Haute-Yamaska, Nicolas Luppens, confirme que le contexte économique actuel a contribué à égorger encore davantage plusieurs citoyens au plan financier. «Le problème de l'itinérance dans la région s'aggrave. À Granby, on a besoin de plus de logements supervisés, de plus d'accueils de nuit d'urgence et il est critique d'augmenter le nombre de logements sociaux», insiste-t-il.

Nicolas Luppens sait que certains citoyens se questionnent sur la pertinence d'offrir de l'aide monétaire aux itinérants pour se loger. «Pourtant, offrir un logement coûte beaucoup moins cher qu'une nuitée en hôpital ou en prison. Ça coûte très cher à la société d'avoir des gens en détresse psychologique dans la rue», dit-il. M. Luppens souligne qu'un logement est à la base des efforts d'une personne pour se reprendre en main. «Sans logement, c'est très difficile de se trouver un emploi ou d'avoir accès à l'aide sociale, car on n'a pas d'adresse», dit-il.

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