Réunis en séance extraordinaire, les membres du conseil municipal ont donné le feu vert à cette démarche hier soir. «On construit des bâtisses pour 40, 50 ans. On s'attend à avoir du A+. On ne se contentera pas d'un bâtiment C-», a laissé tomber le maire Richard Goulet au terme de la séance.
L'incubateur industriel a été construit en 2009 au coût de trois millions de dollars. Le Centre d'innovation et de technologies industrielles de Granby (CITIG) a géré le projet. Ce sont l'Atelier A. Bellavance (architecte), Teknika HBA (ingénieurs) et Mayton (entrepreneur) qui ont procédé aux travaux de construction. La Ville est propriétaire de l'immeuble depuis l'an dernier.
Selon le maire Goulet, les problèmes ne sont toutefois pas nouveaux. Ils sont apparus dans les semaines suivant la prise de possession du bâtiment, est-il précisé dans le rapport soumis au conseil, dont les médias ont obtenu copie. Pour l'heure, l'estimation officielle des coûts n'est pas encore complétée, dit le maire, mais les dommages pourraient représenter plus de 500 000 $, selon le même rapport.
«Longtemps, l'avocate Me Gravel (Vanessa) s'est assise avec les gens pour trouver des solutions. Mais ça n'a rien donné», affirme le maire.
Long
En mai 2011, la firme d'experts en construction Patenaude-Trempe de Varenne a été mandatée afin d'analyser le bâtiment à la lumière des problèmes constatés. Le rapport a été déposé en juin 2012. La firme conclut qu'il y a eu erreur de conception et de malfaçon.
«Il y a un problème avec l'enveloppe du bâtiment. Il y a des problèmes de chauffage. On a mis la géothermie parce qu'on devait sauver de l'argent. Mais ça a coûté extrêmement cher. On a essayé d'arranger les choses. Mais on est rendus à un point où on doit prendre des procédures. On a la preuve et l'expertise pour dire qu'il y a des problèmes de construction», indique Richard Goulet.
Ce dernier est toutefois réaliste. Il sait que le processus pourrait être très long. «C'est la responsabilité des professionnels qui est mise en cause. Ils vont peut-être se renvoyer la balle. C'est un juge qui devra trancher», dit le maire.
Selon lui, il n'est pas exclu que la Ville décide éventuellement de procéder aux correctifs et achemine la facture aux professionnels. Dans un contexte où la construction du bâtiment n'a pas été réalisée dans le cadre d'un échéancier serré, la situation est «très surprenante», a glissé M. Goulet, avant de rajouter prudemment que «ça peut arriver» malgré tout.
«C'est encore un très beau bâtiment, qui est habitable. Mais il ne fait pas sa job...», déplore le maire Goulet.
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