«Protéger son routeur, c'est comme barrer les portes de la maison en sortant»

Selon Christian Gilbert, propriétaire de Services informatiques Upton,... (photo Stéphanie Mantha)

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Selon Christian Gilbert, propriétaire de Services informatiques Upton, le vol de signaux internet (bande passante, dans le jargon informatique) est une pratique fréquente, surtout en ville. «Quelqu'un peut facilement se connecter à un routeur non protégé pour télécharger tout ce qu'il veut, dit-il. J'ai vu plusieurs personnes recevoir des factures très salées.»

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) La cybercriminalité est un phénomène criant d'actualité. Pourtant, bon nombre d'internautes ne prennent pas la peine de sécuriser leur réseau sans fil, devenant ainsi des cibles faciles pour les pirates informatiques.

C'est ce que révèle une enquête menée par La Voix de l'Est dans trois quartiers résidentiels de Granby, vendredi. En moins d'une heure, le journaliste a pu se connecter sur 24 réseaux sans fil non protégés avec un cellulaire, puis un ordinateur portable à bord de sa voiture, soit près de la moitié des 52 répertoriés. Dlink, Lynksis, Default et Asus ne sont que quelques-uns des noms de ces réseaux. Les propriétaires de ces appareils sans fil ont donc omis de les initialiser et de les protéger.

Conseiller chez DBR informatique, une entreprise de Granby spécialisée dans la vente, l'entretien et la réparation de matériel informatique, Olivier Francis oeuvre dans le domaine depuis plus de huit ans. Il a noté une hausse exponentielle des ventes de routeurs sans fil au cours des cinq dernières années.

«Je dirais même que les ventes ont explosé depuis l'arrivée des tablettes iPad et des iPhones. Maintenant, les gens veulent avoir accès à un signal (internet) en tout temps, qu'ils soient sur leur terrain ou dans la maison», dit-il, précisant que le signal de la majorité des routeurs peut voyager de 300 à 400 pieds.

Le conseiller en informatique n'a toutefois pas été surpris des résultats de l'expérience menée par le journal. «Nos techniciens vont régulièrement sécuriser les réseaux wi-fi chez nos clients. Malheureusement, encore trop de gens croient que ce n'est pas nécessaire. Vous en avez la preuve. Pourtant, protéger son routeur, c'est comme barrer les portes de la maison en sortant», illustre-t-il.

Attention, danger!

Christian Gilbert, propriétaire de l'entreprise Services informatiques Upton, connaît bien le monde de la cybercriminalité. En fait, il se passionne pour la sphère de l'informatique depuis près de 30 ans. Plus jeune, il a fait une brève incursion dans la sphère des pirates informatiques, communément appelés hackers, afin de mieux comprendre leur modus operandi. «Le but de plusieurs hackers, c'est d'entrer dans l'ordinateur des gens à leur insu pour récupérer une grande quantité de données personnelles. Ils vendent ensuite ces informations à des groupes criminalisés qui les utilisent pour créer des cartes de crédit bidon, par exemple. Le vol d'identité est une de leurs spécialités», explique-t-il.

M. Gilbert utilise les techniques des hackers pour vérifier les paramètres de protection des ordinateurs de ses clients. Pour lui, obtenir des informations personnelles est un véritable jeu d'enfant. Les gens qui omettent de protéger leur réseau internet sans fil s'exposent donc à de réels dangers. «C'est aberrant! Les gens ne sont pas conscients de ce qui peut leur arriver si quelqu'un de malveillant entre dans leur ordinateur. En quelques minutes, je suis capable d'avoir accès à toutes les informations personnelles. Ça va de la date de naissance aux opérations bancaires. Tout ça sans laisser de traces», a-t-il confié.

C'est sans compter le vol de signaux internet (bande passante dans le jargon informatique). Selon le spécialiste, il s'agit d'une pratique fréquente, surtout en ville en raison de la proximité des résidences. C'est par ailleurs le portefeuille des victimes qui écope. «Chaque propriétaire est responsable des téléchargements de données effectués à partir de son réseau, a-t-il souligné. Quelqu'un peut facilement se connecter à un routeur non protégé pour télécharger tout ce qu'il veut. J'ai vu plusieurs personnes recevoir des factures très salées.»

Contenu illicite

Depuis quelques années, le téléchargement de contenu illégal par le biais de réseaux non protégés est un phénomène en hausse. Cette forme de cybercriminalité peut toutefois avoir de fâcheuses répercussions.

«Si un cybercriminel se sert du signal internet d'un tiers pour télécharger du contenu illégal, c'est le propriétaire du compte qui peut voir la police débarquer chez lui. Les policiers peuvent même saisir le matériel informatique pour des fins d'expertise. C'est notamment le cas s'il s'agit de pornographie juvénile. Sécuriser son réseau sans fil est donc primordial», fait valoir Ingrid Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec.

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