Deux beaux enfants et quatre deuils

Dominic Dion et Karine Viens entourés de leurs... (photo Danièle Francis)

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Dominic Dion et Karine Viens entourés de leurs enfants Elliot et Anaïs.

photo Danièle Francis

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Chantal Vallée
Chantal Vallée
La Voix de l'Est

(Granby) Karine Viens est dans la jeune vingtaine, lorsqu'elle apprend avec joie être enceinte de son premier garçon. À 26 semaines de grossesse cependant, les choses se gâtent. La future maman devient fiévreuse, perd du liquide amniotique. Elle sera hospitalisée pendant deux semaines à l'hôpital de Granby, puis transférée au CHUS où elle accouchera alors qu'elle en est à sa 29e semaine de grossesse.

À ce centre hospitalier universitaire, on prépare les futurs parents à tout. Il se peut que le bébé ne survive pas, qu'il garde des séquelles de sa naissance trop hâtive. Le petit Zachary ne sortira jamais de l'hôpital avec ses parents, il décédera des suites d'une infection. «Dix heures après la naissance, Zachary est devenu un petit ange, nous l'avons accompagné jusqu'à la fin. Jamais je n'oublierai son visage. Nous sommes repartis de l'hôpital avec seulement une petite boîte souvenir», relate la maman, Karine Viens.

Quelques mois plus tard, la jeune femme apprend avec joie, mêlée de tristesse à cause du deuil récent, qu'elle est de nouveau enceinte. Cette fois, Karine et son conjoint Dominic Dion n'osent préparer la chambre du bébé qu'ils avaient dû défaire après le décès de Zachary. Elle sera enceinte pendant 12 semaines. Le test de dépistage, la clarté nucale, lui apprend que son bébé est atteint d'anencéphalie, une malformation congénitale du système nerveux. Il lui manque de grandes parties du cerveau. Son espérance de vie est limitée: de quelques heures à quelques jours. On lui conseille une interruption de grossesse.

Malgré la douleur, le désir de fonder une famille reste très grand. Karine tombe de nouveau enceinte quelques mois plus tard. À quelques semaines de grossesse, elle fait une fausse couche. Pour la première fois, Karine ne peut reprendre le travail immédiatement. La jeune femme, d'un naturel positif, est dévastée. «Mon médecin m'a arrêtée de travailler et m'a dit: 'là tu vas pleurer'.» Karine est allée rencontrer des parents qui ont vécu des deuils semblables au sein du groupe d'entraide «Les rêves envolés», sur la Rive-Sud de Montréal. «Je me disais: je ne pleurerai pas, je suis forte», raconte-t-elle. «Mais j'ai juste dit 'bonjour, je m'appelle Karine' et je me suis mise à pleurer», rappelle-t-elle. Le couple consulte des gynécologues pour tenter de comprendre ce qui est arrivé: on leur répond qu'il n'y a pas de lien entre ces pertes, que ce n'est que de la malchance.

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