Confrontations sur fond de débat sur l'avortement

Des manifestants issus de groupes féministes et de... (photo Maxime Sauvage)

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Des manifestants issus de groupes féministes et de défense des droits des gays et lesbiennes ont fait entendre leur voix.

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Étienne Fortin-Gauthier
La Voix de l'Est

(Granby) Les questions de l'avortement et de l'homosexualité ont été au coeur des discussions du congrès de l'organisation Campagne Québec-Vie, qui s'est déroulé samedi à Granby. Le débat entourant les droits du foetus a aussi été abordé en présence du député conservateur Stephen Woodworth à l'origine même du controversé projet de loi déposé récemment à la Chambre des communes. Des manifestants issus de groupes féministes et de défense des droits des gays et lesbiennes ont fait entendre leur voix en s'invitant de force au congrès.

Très tôt samedi, la tension a monté d'un cran entre les participants au congrès et des manifestants. Vers 11h, une vingtaine de militants issus de groupes pro-choix ont pris d'assaut l'Église de l'Assemblée de la Parole de Dieu, où se déroulait l'événement. Les manifestants ont été interceptés par des policiers, tout juste devant la porte où les quelque 70 participants au congrès étaient rassemblés. Le groupe a crié plusieurs slogans, dérangeant la conférence pendant plusieurs minutes. Des renforts policiers ont été appelés sur les lieux et ont invité les manifestants à quitter le bâtiment, ce qui a été fait. Plus tôt, ce sont plusieurs participants au congrès qui s'en prenaient aux manifestants en klaxonnant allègrement à leur vue.

Les manifestants souhaitaient entre autres montrer leur désaccord quant à la présence du député conservateur Stephen Woodworth, véritable vedette du congrès. Ce dernier est à l'origine de la motion sur les droits du foetus, récemment défaite au Parlement par une majorité de députés.

Dès le début de sa conférence samedi, M. Woodworth s'est défendu de vouloir faire un lien entre la question du foetus et de l'avortement avec le dépôt de sa motion. Il n'aura cependant fallu que quelques minutes pour que le second sujet soit abordé dans sa présentation. Le député a confié aux participants qu'il savait que bon nombre d'entre eux étaient pressés de voir la question de l'avortement faire l'objet d'un projet de loi au Parlement. «Mais si je ne peux pas convaincre les membres du Parlement de voter pour ma motion, je ne pourrai jamais les convaincre au sujet de l'avortement», a-t-il dit.

En entrevue avec La Voix de l'Est, le député a répété la phrase clé de sa motion à presque chacune de ses réponses. «Il est primordial d'enchâsser dans les lois canadiennes la valeur et la dignité de chaque être humain», insiste-t-il. Le député s'oppose à la définition actuelle de l'enfant dans le Code criminel, où on considère qu'il devient un être humain uniquement lorsqu'il est complètement sorti du sein de sa mère.

M. Woodworth, qui favorise l'ajout du foetus dans cette définition, s'attriste de constater que son chef, Stephen Harper, n'a pas voté en faveur de sa motion visant à réétudier ce dossier. «Je respecte et admire M. Harper, mais nous ne nous entendons pas sur cette question. Peut-être changera-t-il d'idée un jour sur ce sujet», dit-il.

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