«Notre but, c'est que ce soit la dernière fois qu'on en parle publiquement», souligne le père de Philippe Huard, en entrevue à La Voix de l'Est.
C'est en écoutant les nouvelles de 18h à TVA, le 10 octobre 2010, qu'il a vu le reportage sur la mort d'un cameraman-parachutiste de 34 ans à l'école Nouvel Air, de Farnham. Même si le nom de la victime n'était pas dévoilé, puisque la famille n'avait pas été jointe, la description était suffisamment explicite pour que Serge Huard conclue qu'il s'agissait de son fils.
«Mon histoire d'horreur commence là. Ça ne me rentrait pas dans la tête. J'ai téléphoné à Nouvel Air. J'ai insisté: ils ne voulaient pas me le dire. Ils m'ont dit: va-t'en à Cowansville (l'hôpital BMP), il est là.»
C'est à l'hôpital que M. Huard voit son fils qui avait succombé depuis plusieurs heures. Il avait toujours du sang sur le visage, des fractures apparentes au bassin, aux tibias, aux chevilles, aux fémurs. «En voyant le rapport médical, j'ai vu par où il est passé, tout ce qui était pété», relate le père en faisant référence aux nombreux X qu'il a vus sur un croquis, désignant les fractures. «Toi aussi, tu la ressens cette douleur-là.»
Il s'est rendu à Nouvel Air, a mis les pieds dans les traces de pas de Philippe lors du premier impact et vu entre ces marques, environ deux pouces plus profondément, l'endroit où son bassin a heurté le sol. «Je suis convaincu qu'il n'a pas eu mal, parce que le choc a été trop violent. Mais comme père, le choc, tu le ressens et longtemps à part ça.»
L'homme qui a assisté à l'enquête publique du coroner, le printemps dernier, a trouvé aussi très difficile d'entendre la voix de son garçon sur l'enregistrement vidéo lorsqu'il filmait un client qui sautait en tandem, quelques minutes avant de percuter violemment le sol. La voix d'un homme qui ignore ce qui allait se produire dans les minutes suivantes. Une voix qui l'habite encore.
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