«C'est aberrant», laisse tomber Isabelle Prince.
«Selon le règlement en vigueur, qu'un chien cause des dommages sur mon terrain, dérange par ses aboiements, morde un humain ou bien nuise à la sécurité d'autrui, tout ça est placé dans la catégorie "nuisance". Et mérite la même sanction. Donc, le traumatisme vécu par ma fille est au même niveau qu'un tas de crottes sur mon terrain», a dénoncé avec vigueur Mme Prince lorsqu'elle a contacté La Voix de l'Est.
La Granbyenne a entrepris des démarches à l'hôtel de ville afin que le règlement ait plus de «mordant» dans pareille situation. Mais elle n'aura peut-être pas à batailler longtemps. Le maire Richard Goulet a d'emblée abondé dans le même sens hier. «Elle a parfaitement raison. Ce n'est pas normal. Et, en partant, ce n'est pas normal qu'un chien morde quelqu'un», a-t-il déclaré sans hésitation.
«Il faudrait revoir la réglementation, à tout le moins le montant de l'amende. C'est le message que je vais passer à la direction générale de la Ville. On va voir ce que le conseil municipal va dire», avance M. Goulet.
Selon lui, l'amende à payer par les propriétaires d'animaux en cas de morsure à autrui devrait «être plus significative» et «se rapprocher un peu plus de la gravité» du geste posé. Le maire avance spontanément la somme de «200, 250$».
Grosse frayeur
Alysan, la fille d'Isabelle Prince, a été mordue par le chien d'une copine, alors que toutes les deux s'amusaient dans le sous-sol de la résidence de cette dernière. Selon ce que Mme Prince a pu comprendre, l'animal, un labrador croisé avec un pitbull ou un rottweiler, aurait dévalé à toute vitesse l'escalier pour rejoindre les amies et mordre sa fille sous un bras sans raison apparente. Alysan, 8 ans, en a été quitte pour une plaie au dos, des ecchymoses à la poitrine... et une grosse frayeur.
«En plus, je n'aimais pas les chiens avant. Mais je commençais à avoir moins peur», a timidement raconté la jeune fille. Pour Isabelle Prince, il n'est plus question que sa fille retourne jouer chez cette amie, tant que le chien sera dans les parages. Par contre, cette amie est encore la bienvenue chez eux.
La mère de deux enfants ne souhaite pas que le chien soit euthanasié. Mais elle n'a pas hésité à déposer une plainte au service de police de Granby. L'agent qui a répondu à l'appel a effectivement remis une contravention de 75$ au propriétaire du chien, tel que le prévoit le règlement, a confirmé le porte-parole du service, Marc Farand. La SPA des Cantons a aussi été avisée afin qu'un suivi soit réalisé.
Évaluation de la bête
Alysan s'en est bien tirée. Une semaine et demie après l'événement, les traces physiques de la morsure ont pratiquement disparu. Mais tous n'ont pas cette chance. Isabelle Prince est d'avis qu'une évaluation de la bête devrait être effectuée dans de telles circonstances. Et même que les frais médicaux ou de psychothérapie qui pourraient être nécessaires dans certains cas soient imposés aux propriétaires de l'animal en cause.
Le maire Goulet n'est pas contre l'évaluation des animaux en cas d'agression. «On va éclaircir l'entente qu'on a avec la SPA», dit-il.
Ce dernier précise qu'il n'a rien contre les chiens. «J'en ai déjà eu moi-même», laisse tomber M. Goulet. «Mais un chien, ce n'est pas supposé mordre. Nos chiens, on doit en avoir le contrôle constant», dit-il.
Le maire souligne par ailleurs que les chiens sont tolérés dans les sentiers du bois Miner, mais ils doivent être tenus en laisse. «On a encore remis des constats cette année parce qu'il y a des chiens en liberté. Il y a des gens qui se promènent dans le bois et qui ont peur des chiens», rappelle le maire.
Et pour les propriétaires de chiens qui pourraient recevoir une contravention qu'ils jugent injustifiée, Richard Goulet dit qu'il est toujours possible de faire valoir son point devant un juge de la cour municipale.
Le responsable de la SPA des Cantons, Carl Girard, n'a pas rappelé La Voix de l'Est hier.
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