Présentée hier en fin de journée par le président de la firme, Christian Perrault, l'étude soutient que cette nouvelle liaison pourrait bénéficier d'un bassin de population de 1,2 million de personnes, dans un rayon de 80 kilomètres. Ce rayon inclut les villes de Longueuil, Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby, Drummondville et Sherbrooke. Cette dernière vise également la création d'une desserte aérienne sur Toronto, ce qui ne modifierait pas les données, selon M. Perrault.
«Les deux villes peuvent avoir des transporteurs. Cela va se jouer sur les heures des vols et les prix. Nous avons assez d'exemples devant nous pour voir que deux marchés à 45 minutes de distance peuvent fonctionner», assure-t-il, se basant sur l'exemple de villes ontariennes ayant des liaisons quotidiennes avec la Ville reine.
Et pourquoi choisir Toronto? «De plus en plus, tout passe par Toronto en tant que centre décisionnel. Quatre-vingt-quinze pour cent des gens qui volent du lundi au vendredi sont des gens d'affaires. Cibler ce marché est une condition sine qua non», affirme M. Perrault, chiffres à l'appui. En 2011, 2,6 millions de voyageurs ont effectué le trajet Montréal-Toronto à partir de l'aéroport Trudeau. En se fiant sur des données de 1999, 20 % de cette clientèle provenaient de la Rive-Sud de Montréal et du sud-est du Québec. «Sans trop vouloir s'avancer, cette proportion est sans aucun doute plus importante aujourd'hui», dit Christian Perrault.
D'abord pour les affaires
Pour établir les bases de son étude, M. Perrault a sondé 232 entreprises situées à l'intérieur du périmètre de 80 kilomètres. Selon ses résultats, 66 % d'entre elles ont des employés qui voyagent, la moyenne du nombre de déplacements annuels s'établissant à 32. Au total, 87 % des entreprises questionnées ont dit que leurs déplacements vers Toronto, leur principale destination canadienne, pourraient être réalisés à partir de l'aéroport Roland-Désourdy. «Les entreprises voient dans l'aéroport Roland-Désourdy un aéroport facile d'accès où les soucis de congestion, de travaux routiers et d'heure de pointe sont inexistants», interprète le président d'Explorer Solutions.
Des démarches ont déjà été effectuées afin de convaincre différents transporteurs de tenter le coup de venir s'établir à Bromont pour que le projet prenne son envol. Aucun n'a encore donné une confirmation, bien que plusieurs entreprises se sont montrées ouvertes à explorer ce nouveau marché, dit Robert Blais, directeur de l'aéroport Roland-Désourdy. «La majorité des chiffres présentés dans l'étude sont vérifiés. Pour un transporteur, c'est intéressant. Avant d'investir 50 000 $ dans une étude, nous avons déjà des entreprises aériennes qui ont démontré de l'ouverture», soutient-il. Ces entreprises sont Air Canada, Porter, WestJet, Pascan et Bearskin Airlines.
M. Blais espère au moins une liaison quotidienne à partir de l'automne 2013, ce qui aiderait à combler le déficit annuel de son aéroport qui s'élève à 300 000 $, lequel est épongé par les quotes-parts des municipalités environnantes. «Pour rentabiliser un aéroport, ça prend du volume de passagers», affirme le directeur.
De son côté, le président de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est et conseiller municipal à la Ville de Bromont, Jacques Lapensée, s'est dit satisfait des résultats de l'étude. Cependant, dit-il, tout ne sera pas terminé si une entente est conclue avec un transporteur. «Nous avions une vision et des attentes pour l'aéroport. Nous voulions les confirmer... Dès que nous irons chercher un premier transporteur, nous allons faire une étude environnementale. On ne peut le faire avant. Il y aura une démarche à faire avec les citoyens.»
Christian Perrault affirme que «les entreprises voient dans l'aéroport Roland-Désourdy un aéroport facile d'accès où les soucis de congestion, de travaux routiers et d'heure de pointe sont inexistants.»