En bon politicien, M. Desrochers est encore déçu de ne pouvoir exercer son droit de vote à l'élection d'aujourd'hui. Il était en attente d'une place à la maison de soins palliatifs lorsque la période d'inscription pour les bureaux de vote itinérants s'est terminée.
À défaut de pouvoir s'exprimer dans l'urne, Jean-Marc Desrochers a voulu se tourner vers les gens de son coin de pays et ceux atteints du cancer. «Je veux encourager les gens aux prises avec le cancer à persévérer et à se battre. Implicitement, quand tu acceptes de venir dans un endroit comme ici, c'est un peu comme une défaite. À toutes fins pratiques, c'est d'admettre que le combat contre le cancer n'a pas été réussi. C'est le message que je veux passer... Je ne veux pas donner un exemple en ayant accepté de venir ici», dit M. Desrochers, la voix faible.
Maintenant que sa tumeur à l'hémisphère droit du cerveau l'a paralysé sur tout le côté gauche, l'ancien ingénieur du gouvernement du Québec avoue que son aller simple au Diapason a été une dure décision, motivée par sa condition. «Quand mes médecins m'ont dit que les perspectives de rétablissement étaient presque nulles, et n'auraient pour effet que de me prolonger de quelques mois, je me suis dit que ce serait de l'acharnement exagéré, sans perspectives intéressantes. Mes médecins m'ont proposé un autre genre de traitement qui n'aurait pour effet que de me prolonger de quelques mois, sans perspective raisonnable de rétablissement», confie M. Desrochers, qui a dû subir des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie simultanément à l'automne dernier.
Jugé inapte à retourner chez lui, le maire de Shefford depuis l'élection de 2009 assure vivre les moments à venir avec sérénité. «Comme n'importe qui, j'aurais voulu vivre plus vieux. Mais je me suis fait à l'idée que tout a une fin. L'acceptation est quasi totale. C'est mon épouse qui a plus de difficulté», confie-t-il avec émotion.
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