Flanqué d'un candidat vedette de la CAQ, Christian Dubé, Benoit Legault s'adresse aux médias pour mieux leur faire connaître la position de son parti par rapport à l'abolition des commissions scolaires. Il y a longtemps que cette question est débattue dans la population francophone du Québec. Mais chez les anglophones, surtout ceux de Brome-Missisquoi, la question est délicate. Plusieurs brandissent leurs droits constitutionnels. Benoit Legault est venu les rassurer. Mais en cet après-midi pluvieux de la fin du mois d'août, à l'entrée principale de la centenaire Brome Fair, pas plus de deux ou trois personnes prendront la peine de s'arrêter pour écouter le message des deux caquistes.
Dès le point de presse terminé, M. Legault part à la rencontre d'exposants et de visiteurs. Très peu de gens le reconnaissent, au moins ont-ils entendu parler de son parti, fondé officiellement il n'y a même pas un an, et qui peut déjà aspirer à prendre le pouvoir mardi prochain. Le candidat sait comment entrer en contact avec eux, et sait comment se faire écouter.
C'est le paradoxe de la campagne de ce néophyte en politique, qui semble apprendre à vitesse grand V: parler aux électeurs en tant que parfait inconnu, mais qui a de fortes chances d'être leur représentant à l'Assemblée nationale du Québec dès la semaine prochaine, selon ce qu'en disent les sondages. Son parti le tire vers le haut et il en est conscient. Et heureux.
Mais parler aux électeurs et vendre le programme de la CAQ, Benoit Legault le fait sans gêne et avec audace. Il sait qu'il est inconnu et qu'il est le seul à pouvoir changer la situation. Et en bon mathématicien informatique, ses gestes sont calculés pour aller chercher le maximum d'écoute et de rayonnement. À la foire agricole de Brome, il n'hésite pas, après avoir demandé, à se rendre au milieu de l'aire de jugement d'animaux pour se présenter au responsable.
C'est aussi pour cette raison qu'il n'a fait aucun porte-à-porte au cours de la campagne. «J'ai conclu que je rencontrerais beaucoup plus de gens dans les événements que d'aller cogner aux portes une à une. C'est un grand comté», résume-t-il.
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