L'histoire remonte au début de l'été. Vers la fin juin, début juillet, les représentants de la Ville de Saint-Césaire ont rencontré ceux d'Ange-Gardien, Farnham, Rougemont, Saint-Paul-d'Abbotsford, Sainte-Angèle-de-Monnoir, Sainte-Brigide et toutes les autres qui utilisent l'aréna, la piscine et/ou le centre sportif pour leur présenter la nouvelle entente intermunicipale - mise sur la glace depuis - concernant leur participation financière pour avoir accès aux infrastructures de loisirs.
Fin juillet début août, une lettre a été envoyée à ces représentants leur demandant une réponse. «Le conseil municipal de Saint-Césaire demande à votre municipalité de se prononcer par résolution d'ici le 15 août 2012. Le conseil municipal de Saint-Césaire considérera une absence de réponse à la date déterminée comme étant un refus du nouveau cadre financier en matière de loisirs. Un refus fera en sorte que vos citoyens ne seront plus admis dans nos activités de loisirs offertes par notre service de loisirs (...)» est-il écrit dans la missive, dont La Voix de l'Est a obtenu copie.
«On a vite compris que ça tombait effectif immédiatement», indique la mairesse d'Ange-Gardien Odette Ménard, qui mentionne avoir par la suite magasiné ailleurs, comme plusieurs autres villes, même si aucune action ne s'en est suivie, pour trouver meilleure offre. Meilleure offre qu'elle a finalement trouvée à Farnham. Cette entente ne concerne toutefois que le hockey mineur, précise-t-on. «Ça va coûter pratiquement deux fois moins cher à Farnham qu'avec les nouveaux tarifs de Saint-Césaire», fait-elle valoir.
Argent et statu quo
Car bien entendu, le nouveau protocole financier comportait une augmentation des tarifs. «Pour un joueur de hockey, par exemple, on parlait d'une hausse de 400 $ la première année et encore 50 $ de plus par année pour les deux suivantes, dit Mme Ménard. Et pour la piscine et le centre sportif, c'était une augmentation de 55 $ la première année et 15 $ de plus pour chacune des deux autres.»
Toujours selon la mairesse, ces hausses de tarifs ont été justifiées par «leur désir (aux élus de Saint-Césaire) de combler le déficit parce qu'ils perdaient de l'argent avec l'aréna», rapporte-t-elle.
Il n'a cependant pas été possible de valider les chiffres avec la Ville de Saint-Césaire, celle-ci ayant refusé de fournir à La Voix de l'Est une copie du nouveau cadre financier proposé. «De toute façon, il ne tient plus, il est rendu à la poubelle et on repart de zéro», justifie Guy Patenaude, directeur du service des loisirs.
En effet, devant le mécontentement des municipalités concernées, Saint-Césaire a retiré ses augmentations de tarifs et décrété le statu quo sur le sujet, le temps de se rasseoir et de reprendre les discussions.
Les élus visent une entente le 1er novembre concernant la piscine et le centre sportif et le 1er avril 2013 concernant l'aréna, laisse entendre M. Patenaude.
Ce dernier confirme toutefois que le maintien des infrastructures de loisirs à Saint-Césaire nécessite davantage d'argent. «Avec juste 5500 habitants, Saint-Césaire ne peut pas arriver à maintenir son aréna, son centre sportif et tous ses terrains de soccer», fait-il valoir.
«On ne veut mettre personne dehors, on veut juste qu'ils participent au budget d'opération. Et on ne leur parle même pas du budget immobilier. Dans d'autres villes, on leur chargerait deux voire trois fois plus cher», ajoute-t-il.
Délais trop serrés
Le directeur des loisirs est toutefois d'avis que l'essentiel du litige concerne les délais jugés trop courts, et non les montants des augmentations de tarifs.
«Ça n'a vraiment pas été agréable la façon dont les négociations se sont faites, déplore pour sa part Odette Ménard. En fait, il n'y a même pas eu de négociations. Ça nous a carrément été imposé, et dans des délais serrés en plus. S'ils étaient venus nous voir en mars ou avril, on aurait eu une marge de manoeuvre, on n'aurait pas eu les deux pieds et les deux mains liés. Là, c'était la grosse période d'inscription. Il fallait se revirer de bord assez vite.»
Guy Patenaude ne s'en cache pas: le hockey mineur à Saint-Césaire a reçu un bon coup de poing en perdant ses jeunes d'Ange-Gardien. Mais il reste tout de même en bonne santé. «C'est sûr que de perdre une quarantaine de joueurs, ça nous fait du temps de glace et des revenus de moins, mais toutes les catégories sont encore représentées et le hockey à Saint-Césaire est loin d'être menacé. Il y a des associations qui fonctionnent très bien avec moins de 50 jeunes et nous, on en a encore 191», dit-il.
Mais cette perte d'une quarantaine de joueurs risque d'être définitive puisqu'Ange-Gardien n'entend pas revenir à Saint-Césaire. «On ne commencera pas à promener nos jeunes entre Saint-Césaire et Farnham», dit Odette Ménard.
Il n'a pas été possible de s'entretenir avec des représentants des villes de Rougemont et de Saint-Paul-d'Abbotsford, qui ont également des ententes au niveau du hockey mineur avec Saint-Césaire.