L'église Notre-Dame vendue pour 1$

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Le maire Richard Goulet a rencontré hier les médias avec le curé Serge Pelletier et le président de la fabrique de la paroisse Notre-Dame, Pierre-Paul Gingras.

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Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby achète la plus vieille église catholique de Granby, l'église Notre-Dame, pour la somme symbolique de 1$, a annoncé hier le maire Richard Goulet, à l'occasion d'un point de presse impromptu. À court terme, cela ne changera toutefois rien pour les fidèles de l'église, alors que les trois messes hebdomadaires continueront à y être célébrées.

Le maire Goulet a rencontré les médias en compagnie de l'abbé Serge Pelletier et du président de la fabrique de la paroisse, Pierre-Paul Gingras. L'évêque du diocèse, Mgr François Lapierre, s'est réjoui hier que ce «joyau» puisse être préservé par la Ville. «Nous sommes conscient que bien des gens pourront ressentir un pincement. Une église est liée à la vie de la communauté. Mais on vit dans une époque qui nous oblige à prendre de telles décisions», a-t-il commenté à La Voix de l'Est.

Comme la Ville de Granby nourrit depuis plusieurs années le projet de déménager la bibliothèque municipale dans l'église Notre-Dame, la nouvelle n'a pas surpris outre mesure. Le maire a toutefois tenu à préciser que c'est la fabrique qui a frappé à la porte de la Ville.

«Le bâtiment devenait un boulet financier qui nous empêchait de faire notre travail», a laissé tomber l'abbé Pelletier. «Nous avons un bilan financier déficitaire. Les coûts de rénovation, d'entretien et de chauffage explosent. Juste un exemple: un mois de chauffage coûte 10 000$ en hiver. Nos revenus sont de moins en moins élevés. Nous étions toujours dans le rouge», a-t-il fait valoir.

Le curé Pelletier souligne par ailleurs que la décision de vendre l'église, une des plus imposantes du diocèse de Saint-Hyacinthe, n'a pas été prise sur «un coup de tête». Plusieurs options ont été envisagées au cours des deux dernières années avec différents intervenants des milieux culturel et municipal afin de rentabiliser le lieu de culte. En vain.

Protection du patrimoine

Le maire Goulet souligne que les discussions avec les dirigeants de la fabrique se sont déroulées dans la plus grande discrétion, car il était important que les quelque 300 paroissiens qui ont soutenu l'église au fil des ans soient les premiers informés du changement de propriétaire. La nouvelle leur a été communiquée lors des messes de samedi et dimanche derniers. Une soirée d'information était d'ailleurs prévue hier soir pour répondre aux questions des fidèles.

Richard Goulet dit avoir consulté les conseillers municipaux sur la question. Tous auraient donné leur accord. Une résolution devrait être adoptée lors de la séance publique du 4 septembre pour officialiser l'acquisition de «l'église mère» de Granby.

Pour l'heure, les activités pastorales se poursuivront dans l'église, dont la construction s'est échelonnée de 1898 à 1906. «Ça ne fermera pas avec le transfert des titres», souligne le maire. «On ne peut pas dire quand ça va fermer. Ça nous laisse du temps pour la transition», renchérit l'abbé Pelletier.

La fabrique n'aura aucun loyer à assumer. Elle conservera les gains de la quête et de la dîme. Par contre, la Ville encaissera les loyers des organismes communautaires qui logent dans l'église. Les coûts d'entretien annuels de la bâtisse, dorénavant assumés par la Ville, sont estimés à 75 000$.

Une vérification de l'état du bâtiment, réalisée par l'architecte Caroline Denommée, a révélé que seule une mise à niveau mineure exigeant un investissement de 1500$ serait nécessaire à court terme pour respecter les normes de la Régie du bâtiment. Des travaux de maçonnerie évalués à 72 000$ devront également être planifiés à moyen terme.

Pas demain la veille

Et la bibliothèque municipale? «On s'entend pour dire que c'est LA place, mais ce n'est pas demain la veille que la bibliothèque va s'en aller là», évalue le maire. Selon lui, trois conditions doivent être remplies pour réaliser le projet: le conseil municipal doit accepter, la population doit être consultée et les gouvernements provincial et fédéral doivent participer financièrement au projet. Il serait ainsi très étonnant que le dossier bouge avant 2014. Et encore, cela pourrait prendre plus de temps, laisse entendre Richard Goulet.

Chose certaine, il est d'ores et déjà clair aux yeux du maire que l'orgue Casavant de l'église est là pour rester, bibliothèque municipale ou non. «Ça fait partie du patrimoine», dit-il.

Le geste de la Ville vise dans un premier temps la protection d'une importante pièce du «patrimoine bâti». «Les études ont prouvé que l'église Notre-Dame a les pieds carrés nécessaires pour accueillir la bibliothèque. Mais c'est plus un projet à moyen et long terme», dit le maire.

«Pour la fabrique, c'est une bonne nouvelle. C'est la fin d'une mission impossible. Et on aime bien l'idée de remettre l'église à ceux qui l'ont payée. Les paroissiens sont aussi des citoyens de Granby», glisse le président de la fabrique, Pierre-Paul Gingras.

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