Quelques points diffèrent cependant entre le processus de vote d'un citoyen vivant en toute liberté et celui d'une personne incarcérée. Les détenus des établissements québécois votent dans la circonscription dans laquelle ils étaient domiciliés avant leur incarcération. Cela signifie qu'un détenu de Cowansville qui habitait à Sherbrooke, par exemple, votera pour le candidat de son choix dans Sherbrooke. Dans le cas d'un détenu sans domicile fixe, il utilisera l'adresse du pénitencier pour exercer son droit de vote.
Un protocole d'entente concernant le vote des détenus est d'ailleurs établi entre le sous-commissaire du Service correctionnel du Canada (SCC) et le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), explique Serge Abergel, gestionnaire régional aux communications au SCC.
Ce protocole prévoit, entre autres, que le directeur de chacun des établissements dresse la liste des détenus qui possèdent les qualités d'électeurs; les délinquants doivent être âgés de plus de 18 ans, posséder la citoyenneté canadienne et être domiciliés au Québec depuis six mois.
Le directeur du pénitencier doit également fournir les informations personnelles de chacun, comme leur nom et date de naissance. Chaque détenu est ensuite contacté pour valider l'exactitude des renseignements en signant un formulaire. Puis, il recevra le «manuel de l'électeur pour la clientèle en centre de détention» contenant des informations sur le droit de vote.
De quelle façon les détenus peuvent-ils choisir le candidat qu'ils souhaitent élire dans leur circonscription? Non, aucune affiche électorale n'est installée à l'établissement carcéral. Et pas question non plus que des candidats fassent campagne entre les murs.
«On reçoit ici à l'occasion des demandes de différents candidats de différents partis politiques qui aimeraient faire des représentations auprès des détenus de certains de nos établissements pour leur expliquer leur programme. On ne peut accepter ces demandes pour des raisons évidentes de sécurité», précise M. Abergel.
Les détenus peuvent toutefois prendre connaissance du programme des partis lorsque ceux-ci acheminent des dépliants d'information ou autre documentation à ce sujet dans les établissements carcéraux. Mais les partis politiques doivent le faire au plus tard le 14e jour précédant le jour du scrutin.
Les détenus ont aussi accès aux médias, de façon contrôlée, pour suivre les différentes annonces et engagements des candidats. «Ils peuvent lire les journaux, consulter les médias», indique M. Abergel.
Salle commune ou cellule?
Le scrutin dans les pénitenciers a toujours lieu le 5e ou 6e jour précédant la date de l'élection. Cette année, les détenus devront donc faire leur choix le 29 ou 30 août, selon l'établissement dans lequel ils sont incarcérés.
Même s'il y a élections en milieu carcéral, la priorité demeure la sécurité, insiste Serge Abergel. «Il n'y a rien qui est laissé au hasard, dit-il. Les votes des détenus doivent être réalisés et se réalisent de manière à assurer la sécurité du personnel, des délinquants et de quiconque se trouve en établissement.»
Les établissements fédéraux sont de sécurité minimale à maximale. Celui de Cowansville, par exemple, est un pénitencier à sécurité moyenne. En fonction de cette donnée, le mode de votation varie d'un endroit à l'autre.
À certains centres de détention, le droit de vote s'exerce à même les cellules. Le détenu remplit son bulletin de vote et un membre du personnel se charge ensuite de collecter tous les bulletins en passant d'une cellule à l'autre.
Dans d'autres pénitenciers, les élections se tiennent dans un environnement similaire à celui des électeurs en collectivité. «Ils vont dans les salles communes et font un peu comme nous au civil. Ils ont un endroit précis où ils se présentent à une heure précise, ils votent et déposent leur bulletin dans une boîte», explique M. Abergel.
Ce ne sont pas des employés formés par le Directeur général des élections du Québec qui travaillent lors du scrutin entre les murs. La tâche est confiée aux membres du personnel de l'établissement en vertu du protocole d'entente.
Le directeur du pénitencier a finalement la responsabilité de soumettre au Directeur général des élections les bulletins de vote de la population carcérale le 4e jour précédant le scrutin, soit le 31 août dans ce cas-ci.
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