François Bonnardel largement en avance

Selon le président de la firme Segma recherche,... (photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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Selon le président de la firme Segma recherche, «dans Granby, François Bonnardel incarne l'option de rejet à l'égard du gouvernement Charest et de l'héritage que traîne le Parti libéral». Il se trouve actuellement loin devant ses adversaires, avec 49% des intentions de vote.

photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est

 

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Granby) À un peu plus de trois semaines des élections, le député sortant et candidat de la CAQ, François Bonnardel, devance largement ses principaux adversaires dans les intentions de vote des électeurs de la nouvelle circonscription de Granby, révèle un sondage Segma recherche/La Voix de l'Est. Si le scrutin avait eu lieu hier, M. Bonnardel aurait remporté celui-ci par plus de 25 points sur son plus proche poursuivant, Luc Perron, candidat du PQ.

Avec des intentions de vote à 49%, après répartition des indécis, François Bonnardel semble avoir considérablement augmenté ses appuis à Granby, au détriment du candidat du Parti libéral (PLQ) Guy Gaudord, à qui 16% des électeurs confieraient le mandat de les représenter à l'Assemblée nationale à Québec. Luc Perron, du PQ, le devance donc au deuxième rang avec 24% des intentions de vote. Éric Bédard, candidat de Québec solidaire termine quatrième avec 7% des intentions de vote. Tommy Bouillard du Parti vert et Jocelyn Beaudoin d'Option nationale ferment la marche avec respectivement 3% et 1%.

Le jeu électoral a donc considérablement changé à Granby, plus particulièrement dans les limites de la nouvelle circonscription. Rappelons qu'en 2008, une faible marge de 70 voix avait départagé M. Bonnardel de Jean-Claude Tremblay, candidat du PLQ. Alors qu'il représentait la défunte ADQ, François Bonnardel avait recueilli 35% des votes contre 34% pour son plus proche adversaire.

Cette fois-ci, ce sont 32 points que doit concéder le candidat libéral Guy Gaudord. «Le vote libéral est vraiment anémique. Et ce n'est pas surprenant. Je me rends compte que dans d'autres comtés, il perd aussi des plumes. Et je perçois cela aussi dans le 450», analyse Raynald Harvey, président de la firme Segma recherche.

«Le résultat est très clair. C'est un début canon pour François Bonnardel, surtout si on compare avec ses résultats de 2008. Ce qui ressort également, c'est qu'il a réussi à convaincre la majorité de ceux qui l'appuyaient à l'époque de l'ADQ de traverser avec lui à la CAQ», continue M. Harvey.

Le Parti québécois, avec 24% des intentions de vote, maintient ses appuis de la dernière élection de 2008 (25%). «C'est le noyau dur. Il serait surprenant qu'il (Luc Perron) aille plus bas. De toute façon, il n'y a pas de raisons pour que cela arrive. Aucun sondage ne démontre une érosion du vote péquiste dans l'ensemble du Québec», affirme l'expert sondeur.

Des Granbyens aux idées bien arrêtées

À 24 jours des élections, ce qui peut être une éternité dans une campagne électorale, les Granbyens ont déjà fait leur choix dans une grande proportion. À la question des sondeurs portant à la fermeté de leurs intentions, 61% d'entre eux ont répondu que leur choix était définitif. À l'inverse, 39% conservent l'option de changer d'idée.

Dans cette optique, les appuis dont jouit Guy Gaudord sont les plus solides et les moins volatils. De tous ceux qui ont exprimé le désir de lui accorder leur vote, 74% affirment que leur choix est définitif. Une proportion de 66%, moindre mais tout aussi significative, dit la même chose de son appui à Luc Perron. Le député sortant, François Bonnardel, peut de son côté compter sur 58% de convaincus. Près de 40% des répondants ayant déclaré vouloir voter pour Éric Bédard lui resteront fidèles, selon ce qui ressort du sondage.

L'influence du chef

Lorsque l'on compare les résultats des candidats en lice pour le siège de député à Granby avec les appuis pour leur chef respectif, François Bonnardel est le seul à se démarquer localement. De cette façon, si 49% des Granbyens disent vouloir accorder leur vote à M. Bonnardel, ils sont 30% à voir François Legault comme le meilleur premier ministre du Québec. Le chef caquiste est néanmoins premier dans cette catégorie.

Raynald Harvey explique cette popularité de M. Bonnardel par sa percée effectuée dans plusieurs tranches de l'électorat. «En 2008, il y avait beaucoup de X dans son électorat. Ce qu'on remarque maintenant, c'est que son électorat s'est répandu dans toutes les couches de la population. Il n'y a plus de différence entre les hommes et les femmes ainsi que dans les groupes d'âge, mis à part les 65 ans et plus qui sont la clientèle cible des libéraux et qui leur sont assez fidèles. Il (M. Bonnardel) ratisse plus large que les simples partisans de la CAQ», dit M. Harvey.

Alors que 21% des Granbyens interrogés voient en Pauline Marois la meilleure chef de gouvernement, Jean Charest semble quant à lui nuire à son candidat local avec un maigre 17%.

«Premièrement, l'entrée en campagne de M. Gaudord ne l'a pas aidé beaucoup. Mais il est à la remorque du parti, qui, présentement, est à des niveaux très bas. Ils ont entre 18 % et 23% d'appui chez les francophones. Ils avaient fait plus de 30% en 2008, 42% dans l'ensemble du Québec. On voit que le parti nuit clairement au candidat Gaudord. C'est certain que la marque libérale n'est pas en hausse dans l'électorat», tranche M. Harvey.

«Je crois que dans Granby, François Bonnardel incarne l'option de rejet à l'égard du gouvernement Charest et de l'héritage que traîne le Parti libéral, en plus de cette aura de corruption. Il s'est imposé comme un vecteur de changement et de remplacement du gouvernement libéral dans Granby, tranche Raynald Harvey. Est-ce que ça préfigure une vague caquiste dans le 450? Nous pouvons le penser, mais il est encore trop tôt dans la campagne pour affirmer cela.»

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