Job d'été : plus facile de faire campagne en août!

Rencontrer les électeurs en été, c'est bien différent,... (photo Stéphane Champagne)

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Rencontrer les électeurs en été, c'est bien différent, disent les candidats

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Marie-France Létourneau

Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Oubliez le froid, la nuit qui tombe tôt et les restaurants où les travailleurs se rassemblent au petit matin pour déjeuner. Faites plutôt place à la chaleur, aux soirées lumineuses qui s'étirent et aux... bars laitiers! Faire campagne en été, ce n'est vraiment pas la même chose que durant l'automne ou l'hiver, ont affirmé hier des candidats de la circonscription de Granby.

D'emblée, le marathon qui accompagne toute campagne électorale a quelque chose de plus agréable durant la saison chaude qu'au beau milieu de l'hiver, s'entendent-ils pour dire.

«En été, les gens sont plus de bonne humeur qu'à l'automne», fait valoir le représentant du Parti libéral, Guy Gaudord. Ce dernier en est peut-être à sa première campagne électorale provinciale, mais il compte quelques campagnes à son actif à titre de conseiller municipal. Le porte-à-porte, il connaît déjà. «Quand on fait campagne à la fin octobre, il fait noir plus tôt et les gens sont plus craintifs d'ouvrir la porte. Les lundis, mardis et mercredis, ce sont des gros soirs de téléromans. Les gens ont moins le goût de jaser quand on les dérange pendant qu'ils écoutent la télévision», fait-il valoir.

François Bonnardel, député sortant et candidat pour la CAQ, a pour sa part modifié ses habitudes pour aller à la rencontre des électeurs à leur domicile. Il évite d'arpenter les rues durant le jour, car il se bute à trop de maisons désertes. «Les gens sont partis se baigner, se promener ou visiter des amis. J'y vais plus en fin de journée et j'essaie d'éviter l'heure du souper», dit-il.

La stratégie est différente du côté de Luc Perron, candidat local du Parti québécois. Il cible pour sa part les quartiers où les gens sont plus «sédentaires» afin de s'assurer de pouvoir rencontrer des Granbyens.

Là où sont les gens

Les candidats joints par La Voix de l'Est sont toutefois unanimes sur un point: peu importe la saison, ils se rendent «là où sont les gens» pour serrer des mains. Ces temps-ci, c'est donc au marché public, au Faubourg Imperial et lors des concerts en plein air au centre-ville qu'ils peuvent multiplier les contacts, comme le fait remarquer le candidat de Québec solidaire, Éric Bédard, qui fait ses premières armes en matière de campagne. «Les gens sont plutôt réceptifs. On a parfois des surprises agréables. En vacances, les gens ne sont pas crispés. Et, pour notre part, on a une approche qu'on pense agréable», avance Luc Perron.

François Bonnardel, qui en est à sa troisième campagne électorale, avoue qu'il a dû s'adapter à la période estivale. «D'habitude, je faisais deux ou trois restaurants à déjeuner à partir de 6h30 le matin pour rencontrer les travailleurs. Mais ces temps-ci, il n'y a pas un chat. Les travailleurs ne sont pas là. Je cible plus les commerces le jour et les crèmeries le soir. À 7h30 le soir, les bars laitiers de la rue Principale sont tous pleins! Ça change nos façons de faire», s'amuse-t-il.

Les choses ne sont pas plus faciles uniquement pour les candidats. Pour les bénévoles aussi, souligne Guy Gaudord. «C'est beaucoup moins compliqué pour l'installation des affiches. Il ne fait pas froid, il n'y a pas de neige, pas de bouette», se réjouit-il.

Inconvénients

N'empêche que le déclenchement des élections au beau milieu des vacances peut compliquer la logistique d'une campagne, souligne Jean Cadieux, directeur des communications du candidat péquiste.

«L'organisation du local a été plus compliquée. Tous les imprimeurs de Granby étaient en vacances la semaine passée. Mais on a convenu d'attendre jusqu'à lundi pour combler nos besoins en imprimerie pour encourager un commerce local. Aussi, quand on cherche à joindre des bénévoles et des gens qu'on aimerait voir participer à des choses, c'est plus difficile parce qu'il y en a certains en vacances», relève-t-il.

Il y a peut-être un autre inconvénient à des élections en période estivale, dit Éric Bédard de Québec solidaire. «Il y a des gens qui craignent que le taux de participation soit plus faible. La date des élections a stratégiquement été choisie pour ça», déplore-t-il.

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