C'est le député sortant de Shefford et candidat caquiste dans Granby, François Bonnardel, qui en a fait l'annonce hier après-midi, en compagnie de M. Ferenczi. Aucun représentant du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Haute-Yamaska n'était présent à la conférence de presse.
«Je vous annonce aujourd'hui que l'hôpital de Granby, M. Fortin (ndrl: Yves Fortin, directeur général du CSSS) en tête, a déjà entrepris des démarches qui sont importantes pour M. Ferenczi, mais aussi pour plusieurs personnes dans la région, qui consistent à avoir des chambres individuelles aux soins palliatifs dans les prochains mois, a fait savoir M. Bonnardel. Vous comprendrez que je vais continuer d'épauler M. Fortin et le CSSS de la Haute-Yamaska pour être capable, dans la prochaine année, d'arriver à ce que M. Ferenczi souhaitait quand il a entrepris la démarche de préparer une pétition.»
À l'automne
Jointe par La Voix de l'Est, la directrice des communications du CSSS, Rollande Daudelin, a par la suite confirmé que les démarches en ce sens sont bel et bien entreprises. «On peut confirmer que l'on va faire des travaux de réaménagement aux soins palliatifs. Les devis sont prêts. Ça devrait pouvoir se faire à l'automne», précise-t-elle.
L'hôpital utilisera notamment une section du salon des familles de l'unité pour aménager les nouvelles chambres. Une salle plus petite sera toutefois conservée pour les familles. Selon les estimations du CSSS, le coût des travaux devrait se situer entre 50 000 $ et 100 000 $, une somme qui sera prise à même les enveloppes dont l'établissement dispose pour les rénovations fonctionnelles et techniques. Aucun budget supplémentaire ne sera donc demandé ni à l'Agence, ni au ministère de la Santé.
Et si les projets sont nombreux à l'hôpital, Mme Daudelin reconnaît que les démarches de M. Ferenczi, notamment la pétition de 3439 noms qu'il a fait circuler et que M. Bonnardel a déposée à l'Assemblée nationale en juin 2009, ont contribué à faire bouger les choses dans ce dossier. «L'intervention de M. Ferenczi a certainement joué un rôle et accéléré les choses, mentionne-t-elle. Et ce sera une nette amélioration pour les personnes aux soins palliatifs et leurs familles.»
Hier, celui-ci se réjouissait d'ailleurs d'entendre de telles nouvelles. «J'aurais aimé que ce soit plus rapide, a-t-il indiqué. C'était au point mort depuis la commission Mourir dans la dignité, jusqu'à l'appel de M. Bonnardel il y a quelques jours. Je me réjouis que ça revienne sur la place publique et la surprise pour moi, aujourd'hui, c'est que oui, l'hôpital s'est engagé à le faire. Les gens ne réalisent pas qu'on va tous passer par là et que c'est de la torture de ne pas pouvoir être seul aux côtés de la personne qu'on aime dans ces moments-là. J'espère maintenant que le sujet va dépasser les limites de notre comté.»
Mourir dans la dignité
Le député sortant François Bonnardel n'a toutefois pas voulu faire de promesses à savoir si cette démarche pourrait être appliquée dans l'ensemble des hôpitaux de la province.
«C'est du cas par cas. Ce que je fais aujourd'hui, c'est une initiative pour la région, parce que M. Ferenczi a eu ce désir et je pense personnellement que ça touche beaucoup de familles de Granby. Maintenant, j'en ai discuté avec M. Barrette (ndrl: ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et candidat de la CAQ dans la circonscription de Terrebonne) dans les dernières 48 heures. Il comprend la situation et est ouvert. Est-ce que ce sera une mesure qu'il voudra appliquer partout ailleurs au Québec? Ça, je ne peux pas vous l'annoncer officiellement. On travaille pour le CSSS de la Haute-Yamaska et on pourra analyser par la suite un engagement pour tous les CSSS.»
Le candidat caquiste a par ailleurs assuré qu'un gouvernement de la Coalition avenir Québec mettrait en oeuvre l'ensemble des conclusions du rapport de la commission Mourir dans la dignité. On se souviendra que ce rapport ouvrait notamment la porte à l'euthanasie, dans certaines circonstances précises.
«Le Collège des médecins doit se pencher sur certains points, mais je pense que le Québec est ouvert à ce rapport. Cette commission a entendu des milliers de personnes, dont M. Ferenzci. Les propositions qui sont là-dedans touchent beaucoup de familles et de gens. Je pense que M. Legault a bien compris la situation et il prend acte de ce rapport. C'est certain que toutes les recommandations qui sont là-dedans ne pourront pas être effectives à l'intérieur de six mois, on s'entend. On va devoir entreprendre des démarches avec les différentes instances du système de santé, mais ça va être fait si on a la confiance de la population le 4 septembre prochain», a promis M. Bonnardel.