«Tout ce qui peut nous simplifier la vie, c'est ce qu'on peut fabriquer ici», a résumé hier le président-directeur général du C2 mI, Normand Bourbonnais, pour expliquer la nature des activités menées dans les nouvelles installations du boulevard de l'Aéroport.
Cet important projet est né d'un partenariat entre l'Université de Sherbrooke et les entreprises IBM et Teledyne Dalsa, toutes deux voisines du C2 mI. Le gouvernement du Québec a accordé une aide financière de 94,9 millions$ au projet, tandis que le gouvernement fédéral y est allé d'une contribution de 82,95 millions$. La part des partenaires industriels fondateurs et des fournisseurs en équipement est de 40,6 millions$.
Selon Christian Paradis, il s'agit du projet le «plus ambitieux au Canada» à avoir profité du Programme d'infrastructure du savoir. «On peut tous convenir que c'est de l'argent bien placé», a-t-il déclaré.
Selon Jean Charest, dans un contexte économique difficile, le soutien du gouvernement du Québec est un geste qui témoigne de la confiance dont jouissent les chercheurs, l'Université de Sherbrooke et les entreprises. À ses yeux, la microélectronique est par ailleurs appelée à devenir au Québec un secteur économique aussi important que l'aérospatiale, l'industrie pharmaceutique, les technologies de l'information et les jeux vidéo.
Historique
La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, croit, elle, que l'inauguration du C2 mI est un «moment historique». «C'est une étape déterminante pour le développement de Bromont. Ce centre de recherche consolidera la présence des entreprises partenaires, dont IBM. Et nous sommes convaincus qu'il y aura de nouvelles entreprises qui s'implanteront chez nous», a déclaré la mairesse.
La Ville de Bromont participe au projet en accordant un congé de taxes au C2 mI pour une période de 10 ans. Cela représente une valeur de 10 millions$.
Pauline Quinlan a d'ailleurs profité de l'occasion hier pour annoncer que le Techno-Parc de Bromont changera de vocable. Il sera rebaptisé: Parc scientifique de Bromont. «C'est un nom porteur pour l'avenir. Il sera très inspirant pour tous les jeunes qui voudront s'engager dans des études qui mèneront à un travail ici», a-t-elle fait valoir.
Plus de 20 produits
Le vice-recteur à la recherche de l'Université de Sherbrooke, Jacques Beauvais, a souligné que ce projet, «fruit d'un travail immense», aura «des retombées majeures pour la recherche». Selon le président-directeur général du C2 mI, Normand Bourbonnais, l'endroit a «tout ce qu'il faut pour fabriquer les produits électroniques de demain» qui seront utilisés dans différentes sphères d'activité allant de la santé, à l'automobile ainsi que de l'environnement aux technologies de l'information et des communications.
D'une superficie de 15 000 mètres carrés, le C2 mI offre aux entreprises de multiples salles blanches, des laboratoires spécialisés, des services techniques et des espaces de bureaux regroupés dans deux édifices, dont la propriété revient à l'Université de Sherbrooke. Les travaux de recherche qui y sont menés sont de l'ordre de l'infiniment petit. L'endroit, qui souhaite révolutionner, à l'échelle internationale, la mise sous boîtier des prochaines générations de puces, accueille au quotidien quelque 250 chercheurs.
Depuis l'automne dernier, déjà plus de 20 produits ont été développés, dont certains se retrouvent dans les «super ordinateurs», note M. Bourbonnais. Une quinzaine de demandes de brevets ont également été déposées. Trois projets de recherche sont en cours. «Nous sommes maintenant en position de réinventer l'innovation», lance le PGD du C2 mI .
Appui
Par ailleurs, à la veille du déclenchement des élections, Jean Charest a donné son appui à Guy Gaudord, le candidat libéral dans la circonscription de Granby qui, la semaine dernière, peinait à détailler ses convictions libérales.
«Déjà, il siège sur le conseil de ville; c'est un témoignage de la confiance que la population lui accorde. C'est aussi un commissaire scolaire. Je me fie à ceux et celles qui l'ont choisi. Je ne remets pas en question le bon jugement des gens», a notamment fait valoir M. Charest, lorsque questionné sur le sujet.
Le premier ministre a également réitéré sa confiance en Pierre Paradis, le député de Brome-Missisquoi, avec qui il entretient, dit-il, une «bonne relation». «Je ne serais pas ici aujourd'hui si je n'avais pas le sentiment queM. Paradis est un bon candidat libéral», a-t-il ajouté.
Pierre Paradis a refusé hier de confirmer qu'il représentera à nouveau le parti libéral dans Brome-Missisquoi. Fidèle à sa «tradition», il préfère attendre le déclenchement des élections pour se manifester officiellement.