Tous unis contre les projets énergétiques

Un peu plus de 400 personnes provenant du Vermont,... (photo Michel Laliberté)

Agrandir

Un peu plus de 400 personnes provenant du Vermont, du New Hampshire, du Maine, du Massachusetts et du Québec se sont réunies devant l'hôtel de ville de Burlington en début d'après-midi hier pour faire entendre leur mécontentement à leurs dirigeants politiques réunis à quelques rues lors la rencontre annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres des provinces de l'Est du Canada

photo Michel Laliberté

Michel Laliberté
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Burlington) L'opposition aux projets énergétiques a été le fil conducteur, hier après-midi à Burlington, d'une manifestation regroupant différents groupes environnementalistes et altermondialistes. Les projets de Pipe-Lines Montréal et d'Hydro-Québec ont notamment été décriés.

Un peu plus de 400 personnes provenant du Vermont, du New Hampshire, du Maine, du Massachusetts et du Québec se sont réunies devant l'hôtel de ville de Burlington (Vermont) en début d'après-midi pour faire entendre leur mécontentement à leurs dirigeants politiques. La manifestation coïncidait avec la rencontre annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres des provinces de l'Est du Canada. Ces chefs de gouvernements discuteront aussi aujourd'hui.

Linda Murray est venue de South Bristol au Maine pour prendre part à la marche. Les oléoducs de Pipe-Lines Montréal passent près de sa municipalité. Elle craint qu'un accident survienne si jamais PLM va de l'avant avec son projet de transporter du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à Portland au Maine en passant par Montréal. Comme bon nombre d'opposants, la dame souligne l'année de construction de l'oléoduc (1950) et les effets de corrosion que provoquerait ce type de pétrole sur les tuyaux de l'oléoduc comme raisons pour s'opposer au projet.

«Je ne veux pas de cette chose sale chez nous. On devrait la laisser là où elle est, dans le sol de l'Alberta», dit-elle.

Les citoyens ont leur mot à dire, assure Jim Ramey. Membre de l'International socialist organization, il pense que les politiciens ont tout intérêt à s'intéresser de près au projet de PLM. Ils doivent écouter leurs commettants, a-t-il dit. Et pas question d'accepter les garanties de la compagnie, avertit-il. Ce projet ne doit jamais voir le jour. «Nous devons prendre position fermement. Ce qu'ils proposent, c'est une bombe de carbone. Si ça va de l'avant, qui sait quand un déversement va se produire. On ne peut pas prendre de chance», soutient-il. «On manifeste. On va devoir peut-être donner dans la désobéissance civile», a-t-il dit sans vouloir être plus précis.

David Stember travaille depuis plusieurs mois pour alerter ses concitoyens des dangers que représente le projet de transport de pétrole des sables bitumineux dans les états du nord de la Nouvelle-Angleterre. «Les gens sont de plus en plus conscients de ce qui se passe et de la menace qui pèse sur eux», signale un des porte-parole de 350.org, un organisme qui milite contre les changements climatiques.

«Nous avons ici en Nouvelle-Angleterre de terres riches. On ne peut pas permettre que ça passe ici. C'est l'un des produits les plus toxiques sur la Terre. Ce pétrole va détruire notre Terre à des degrés qu'on ne peut imaginer», prédit M. Stember.

Exportation d'électricité

Les visées d'exportation d'électricité d'Hydro-Québec en Nouvelle-Angleterre font également l'objet de vives critiques. Plusieurs personnes rencontrées trouvent inacceptable que des portions de terres agricoles et forestières, entre autres dans les montagnes Blanches, puissent être sacrifiées pour construire des lignes de transport, et ce, pour satisfaire la soif d'énergie des grandes villes comme New York et Boston.

«On sait que beaucoup de gens s'y opposent, a dit le premier ministre Jean Charest, qui est arrivé hier au Vermont, mais une fois qu'on traverse la frontière, ça devient un enjeu local pour la population de l'État du New Hampshire, c'est à eux de le résoudre.»

La nature de la manifestation d'hier était résolument hétérogène. Elle a attiré des autochtones québécois inquiets du Plan Nord du gouvernement du Québec, des représentants du mouvement Occupy, un groupe de fonctionnaires du Vermont exigeant des programmes sociaux pour les résidants de l'État ainsi que des membres de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

D'ailleurs, plusieurs manifestants des différents groupes arboraient le carré rouge et étaient très au fait du conflit étudiant au Québec, comme quoi cette crise sociale a dépassé les frontières québécoises. Ils ont scandé à quelques reprises le fameux «so-so-so-solidarité». Avec la prononciation française.

Cette 36e conférence sera également l'occasion pour les premiers ministres et les gouverneurs de discuter de transport ferroviaire et de l'implantation d'un réseau d'approvisionnement pour véhicules électriques.

Jean Charest admet que l'idée d'un TGV est peut-être «un peu ambitieuse», mais il croit possible d'accroître l'efficacité du réseau actuel, notamment par la mise en place d'un poste de prédédouanement à la gare de Montréal un projet qui «est maintenant sur les rails, mais qui ne l'était pas il y a deux ans».

- avec la collaboration de La Presse

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer