De l'injustice envers les autochtones

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Depuis la fin de sa carrière politique, Paul Martin consacre beaucoup d'énergies à l'amélioration de la vie des membres des Premières nations et des Inuits.

photo Stéphanie Mantha

 

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Knowlton) Paul Martin a porté un jugement très sévère envers la politique autochtone du gouvernement conservateur hier, dans le cadre d'une discussion tenue à l'occasion du WordFest de Knowlton. L'ancien premier ministre a notamment soutenu que les conservateurs tentent d'assimiler les peuples des Premières nations en n'investissant pas suffisamment dans l'éducation de ces derniers.

Depuis son retrait de la politique active en 2006, à la suite de sa défaite contre Stephen Harper, Paul Martin consacre beaucoup d'énergie à la cause de l'éducation des jeunes autochtones. En 2008, l'homme d'affaires et avocat, qui demeure maintenant à Lac-Brome, a mis sur pied l'Initiative d'éducation autochtone Martin, qui cherche à mettre en place des projets éducatifs destinés aux jeunes autochtones pour leur offrir les outils pour réussir.

Selon lui, la différence est encore énorme entre le financement accordé aux écoles sur les réserves et celles à l'extérieur. Une variation de 25 % à 30 % soutient Paul Martin, avec toutes les conséquences qu'un tel déséquilibre peut entraîner. «Le Canada est très en retard sur la question des Premières nations. Nous sommes très en arrière», souligne-t-il.

«Cela veut dire que pour deux écoles séparées d'un kilomètre, l'une se situant sur une réserve autochtone et l'autre non, le financement sera complètement différent. Celle en dehors de la réserve aura les meilleurs professeurs, plus de livres, des laboratoires. Celle sur la réserve n'aura pas ça. D'abord, c'est immoral, et ensuite, ça ne tient pas économiquement», tranche celui qui fut ministre des Finances du Canada de 1993 à 2002.

Et les chiffres tendent à lui donner raison. Sur les réserves autochtones, le taux de décrochage au secondaire atteint 60 % des élèves. Hors réserve, 43 % des élèves autochtones font de même. À l'inverse, 9,5 % des adolescents non autochtones quittent l'école prématurément. De plus, seulement 7 % des membres des Premières nations et 4 % des Inuits termineront une formation universitaire, alors que 23 % des Canadiens non autochtones ou inuits font de même.

Bien que ces tristes statistiques ne soient pas nouvelles et dépeignent une réalité qui perdure depuis des décennies, Paul Martin n'hésite pas à montrer du doigt le gouvernement de Stephen Harper.

L'ancien premier ministre ne digère pas que l'actuel chef du gouvernement fédéral n'ait pas mis en application les termes de l'Accord de Kelowna, conclu en 2006, où le gouvernement fédéral s'engageait à investir cinq milliards de dollars pour améliorer la qualité de vie des Autochtones, des Métis et des Inuits, dans les domaines de l'éducation, de la santé et la gestion. «Les conservateurs ont torpillé l'entente de Kewlona. Ce qu'ils tentent de faire envers les peuples autochtones, c'est de les assimiler», avance-t-il.

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