«J'ai entendu des jeunes crier dehors et je n'ai pas porté attention parce que j'avais mes écouteurs. Je me suis dit qu'ils devaient s'amuser, puis j'ai entendu l'explosion. Et il y a de la fumée qui a commencé à sortir par le plafond à l'arrière», raconte Sonia Leroux, qui habite en face de l'immeuble où les flammes ont pris naissance.
Plusieurs autres citoyens du secteur, dont Éric Cantin, ont été alertés par les cris et la déflagration. «Je travaille de nuit et je venais juste de me coucher quand j'ai entendu des jeunes crier "Au feu, au feu! " Je me suis habillé, j'ai ramassé mon extincteur et je suis sorti», raconte l'homme qui demeure dans le duplex voisin à celui où l'incendie a éclaté. Il a également demandé à sa conjointe d'alerter les secouristes.
Grâce à son extincteur, M. Cantin a commencé à éteindre le brasier qui s'était propagé à un autre immeuble. Il s'est ensuite attaqué aux flammes qui ravageaient le balcon arrière du duplex où le feu s'est déclaré jusqu'à ce qu'il aperçoive une bonbonne de propane sur le balcon.
«En arrivant sur les lieux, on a un feu qui faisait rage de façon très violente à l'arrière au deuxième étage sur la galerie et on a un jeune homme qui est assis sur le gazon et qui est brûlé à plusieurs endroits sur son corps», explique Pierre Lacombe, directeur du service des incendies de Granby.
Gravement brûlé
L'adolescent souffre de multiples brûlures au haut du corps, notamment au visage, aux bras et au torse. «Il criait "De l'eau, de l'eau", dit M. Cantin. Ça fait mal à voir...»
Le jeune homme a été rapidement pris en charge par les ambulanciers avant d'être conduit d'urgence à l'hôpital de Granby. Peu de temps après son admission, il a été transféré dans un centre hospitalier de Montréal, où les médecins craignaient pour sa vie.
L'autre adolescent âgé de 13 ans présent sur les lieux du sinistre a subi des brûlures mineures aux mains. Il a été transporté par ambulance à l'hôpital, mais on ne craint pas pour sa vie.
Un large périmètre de sécurité a été établi à proximité du duplex. Une vingtaine de sapeurs ont combattu l'incendie. «Le feu était sur la galerie à l'arrière. Ce que l'on sait c'est qu'il y avait un futon et un charcoal et que le feu était pris dans le futon. Par la force de l'incendie, les flammes se sont propagées un peu vers l'intérieur du bâtiment au deuxième étage seulement», explique Pierre Lacombe.
«En même temps qu'on commençait à combattre l'incendie, la bouteille de propane qui était au deuxième étage était très près des flammes et commençait à chauffer, enchaîne le directeur. La valve de sûreté a fait sortir le surplus de pression, mais on avait des flammes gigantesques qui sortaient de là à ce moment-là, donc on a déployé une troisième ligne pour refroidir la bouteille pendant que les pompiers procédaient à l'extinction de l'incendie.»
Enquête
Les pompiers et policiers ont passé plusieurs heures sur les lieux de l'incendie, hier, à la recherche de ce qui a causé l'incendie. Les policiers de Granby ont d'ailleurs fait appel à leurs collègues de la Sûreté du Québec pour faire progresser leur enquête.
«On a demandé l'assistance du service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec pour l'analyse de la scène», a expliqué l'agente Caroline Garand, porte-parole du service de police de Granby. Elle a toutefois précisé qu'il était trop tôt pour établir la cause du brasier.
Plusieurs personnes devaient également être rencontrées dans l'espoir que leurs témoignages puissent faire avancer l'enquête, notamment la dame et les trois enfants qui étaient présents au deuxième étage du duplex lorsque les flammes se sont déclarées.
Les locataires ont été pris en charge par la Croix-Rouge.