Premier magistrat de la municipalité depuis 1971, l'homme au franc-parler avait déjà souffert de cette forme de cancer en 2009. Son départ secoue les membres du conseil municipal de la petite ville de 3200 habitants.
Les hommages n'ont d'ailleurs pas tardé pour cet homme qui n'a laissé personne indifférent au cours de son long règne à la tête de Saint-Alphonse-de-Granby. «Son décès va créer un très grand vide. C'est un monument à Saint-Alphonse, mais aussi de la politique», exprime François Vadnais, conseiller municipal depuis 15 ans à la municipalité.
«M. Choinière était un battant qui allait toujours jusqu'au bout. Il était très déterminé. Lorsqu'il avait une idée en tête, il arrêtait seulement lorsqu'il obtenait une réponse positive», relate M. Vadnais sur un ton admiratif. «C'était un visionnaire», ajoute-t-il.
Conseillère depuis trois ans à Saint-Alphonse, Nathalie Gauvin, peine à réaliser que le maire ne sera plus de retour à l'hôtel de ville. «Nous avons tous les bras qui nous tombent. Je ne le réalise pas encore. C'est un monument qui sera irremplaçable. Pour moi, il était comme un grand-père. C'est un homme pour qui la famille était très importante et qui a toujours agi en fonction des gens qu'il représentait», commente Mme Gauvin.
André Viens, neveu de Clément Choinière et conseiller municipal depuis 1971, parle lui aussi d'un homme visionnaire. «Il avait une très bonne vision et ne laissait rien passer de ce qui pouvait être bon pour la municipalité. C'était un homme très travaillant», dit l'homme qui a eu des discussions animées avec M. Choinière plus souvent qu'à son tour. «Malgré nos divergences, nous nous sommes toujours accordés. Son départ me touche beaucoup», exprime M. Viens.
«C'est une grande perte pour nous tous. Nous avons perdu un grand homme. Il est clair qu'il y aura un grand vide à Saint-Alphonse», dit quant à elle Nicole Caron.
Un homme près des gens
Tout au long de sa carrière, Clément Choinière s'est bâti une solide réputation d'homme de terrain. D'ailleurs, il n'était pas rare qu'un citoyen reçoive la visite de M. Choinière pour régler un problème.
La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, qui partage un lien de parenté avec Clément Choinière parle d'une personne passionnée par ce qu'elle faisait. «En ce qui concerne l'homme politique, Clément avait Saint-Alphonse tatoué sur son coeur. On a vu au fil des années comment il a su développer sa municipalité, comment il connaissait tout le monde. Dès qu'il y avait un problème, Clément prenait sa voiture et allait au service de ses citoyens. Alors je crois que nous rendons hommage à un politicien, à un homme qui a fait cela pendant plus de 40 ans. Les gens de Saint-Alphonse vivront un grand vide», dit elle aussi Mme Quinlan.
Pour Richard Goulet, maire de Granby, il ne fait pas de doute que M. Choinière était un politicien résistant. «M. Choinière était un battant. Tant de temps en politique, il faut le faire. À la MRC, il a toujours défendu les intérêts de sa municipalité. Il était un développeur renommé. Nous avons eu de bonnes discussions autour de la table de la MRC de la Haute-Yamaska. Il y avait deux choses dans sa vie: sa famille et sa municipalité», indique le maire de Granby.
À l'étranger en marge de la 38e session de l'assemblée parlementaire de la Francophonie, tenue à Bruxelles, le député François Bonnardel s'est également dit attristé du départ du Clément Choinière. «Mes premières pensées vont à la famille. Je me rappelle que lorsque je suis arrivé à Granby, Saint-Alphonse était loin de ressembler à ce que c'est aujourd'hui», note-t-il.
«Il a donné sa vie à la politique. C'est indéniable qu'il aimait ça ainsi que les gens de sa municipalité. Un règne aussi long, nous ne reverrons pas cela de sitôt», note M. Bonnardel.
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