Depuis 2009, 56 producteurs agricoles de Notre-Dame-de-Stanbridge, Pike-River, Saint-Alexandre et Saint-Sébastien participent au projet. Ils ont accepté d'élargir de trois à dix mètres les bandes riveraines le long de cinq ruisseaux qui coulent sur leurs terres agricoles. Il s'agit des ruisseaux Castor, Granger, Petit-Ruisseau, Pelletier et Ewing. Ces cours d'eau sont tous tributaires de la rivière aux Brochets.
Au lieu de planter du maïs, du soya ou du blé tout près des berges, les agriculteurs cultivent maintenant, dans des bandes de dix mètres, du foin ou du panic érigé.
Ces types de plants présentent des avantages indéniables, note Richard Lauzier, superviseur du projet-pilote et membre de la Coopérative de solidarité du bassin versant de la rivière aux Brochets: tous deux ont de grandes capacités d'absorption d'eau et sont d'excellents stabilisateurs de sol. Ce sont deux éléments cruciaux pour réduire le ruissellement des eaux provenant des terres agricoles, souligne-t-il. En plus, on peut facilement les récolter sans nuire aux berges. Le foin sert de nourriture pour le bétail et le panic érigé de litière pour les vaches et les poulets.
«L'intérêt, c'est de vraiment protéger l'intégrité des cours d'eau en minimisant les pertes par ruissellement. Donc réduction des pertes d'éléments nutritifs dans les cours d'eau, meilleure stabilité des cours d'eau, puis ça peut s'incorporer dans les pratiques des agriculteurs», explique M. Lauzier, agronome au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Les résultats sont encourageants. Les échantillons prélevés depuis le début du projet démontrent que le taux de phosphore dans les ruisseaux Castor et Ewing - les deux qui font l'objet d'un suivi scientifique - a baissé de 12 %. Aussi, les matières en suspension dans l'eau ont chuté de 26 %.
M. Lauzier s'attendait cependant à des baisses plus importantes. Il croit que le drainage sous-terrain des terres agricoles influence les cours d'eau plus qu'on ne le croit. Les gains sont quand même importants, a-t-il ajouté. «Le zéro perte dans les coins où il y a des pratiques agricoles intensives, je pense qu'il faut oublier ça. Ce n'est pas possible. Je ne peux pas voir le jour où ça pourra être possible. Mais bon, il faut continuer de travailler. Si on gagne 12 % là, puis 12 % avec d'autres pratiques, comme le travail réduit du sol, eh bien, plus on réduit notre empreinte ou notre perte d'éléments nutritifs et nos cours d'eau ne s'en porteront que mieux.»
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