Un tour qui ne cesse de prendre de l'ampleur

Arrivés de Richmond à 5 h du matin... (photo Sylvie Simard)

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Arrivés de Richmond à 5 h du matin pour repartir vers Saint-Hyacinthe à 7 h 30, les 970 cyclistes ont repris la route qui les a menés à Montréal en fin d'après-midi.

photo Sylvie Simard

 

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Granby) La caravane du Grand défi Pierre Lavoie s'est arrêtée à Granby hier matin dans la cour du Collège Mont Sacré-Coeur. Arrivés de Richmond à 5 h du matin pour repartir vers Saint-Hyacinthe à 7 h 30, les 970 cyclistes ont ainsi repris la route qui les a menés à Montréal en fin d'après-midi, non sans avoir laissé leur empreinte.

Les quelques lève-tôt qui se sont déplacés pour voir de près ce tour qui ne cesse de prendre de l'ampleur ont pu constater à quel point l'événement, maintenant un incontournable du calendrier printanier, est rassembleur. La preuve: cinq députés de trois partis politiques différents ont formé une équipe pour la cause de l'activité physique et des maladies orphelines.

«L'année dernière, chaque parti avait son équipe. Cette année, nous roulons tous ensemble parce que nous sommes unis pour la cause, dit Étienne-Alexis Boucher, député péquiste de Johnson. Dans tout cela, il y a un objectif fondamental et c'est que l'État québécois fasse la promotion de saines habitudes de vie. Et l'équipe de l'Assemblée nationale se doit de montrer l'exemple. En laissant ce message, on fait ce que l'on dit.»

M. Boucher faisait équipe avec son collègue péquiste Sylvain Pagé, Daniel Bernard et Gilles Lehouiller du Parti libéral, ainsi que François Bonnardel de la CAQ. Le député de Shefford, qui s'est servi du Défi pour amasser de l'argent pour l'école primaire Saint-Eugène afin de lui permettre de revamper son parc-école, a participé à six des 13 étapes du tour.

«Je suis très content, car mon objectif était de faire la moitié du Défi. Hier, dans l'étape du parc des Laurentides, je cherchais un peu mes moyens. Mais on va chercher notre énergie dans la cause et l'ampleur de l'événement. Et aussi pour les jeunes de l'école Saint-Eugène», dit le député.

Une grande cause, un grand défi

Encore aujourd'hui au Québec, malgré la multitude d'activités disponibles pour les gens de tous les âges, tout spécialement les jeunes, près de 50 % de ceux-ci sont sédentaires. C'est pour renverser cette tendance que Pierre Lavoie a lancé le défi qui porte son nom, lui qui fut aussi sédentaire, fumeur et mal alimenté.

«Ce que fait Pierre, c'est la meilleure stratégie pour aider nos jeunes à faire de l'activité physique. Si nous voulons diminuer les coûts en santé au cours des prochaines années, nous avons besoin d'initiatives comme celle-ci», fait valoir le ministre de la Santé Yves Bolduc, présent hier à l'étape granbyenne.

Et ce n'est pas que sur la jeunesse que ce Défi a des effets positifs. Michel Pelletier est l'un de ceux qui se sont réapproprié leur corps et leur santé grâce à la randonnée de M. Lavoie. Il y a encore deux ans, M. Pelletier ne bougeait plus, absorbé par le quotidien qui va trop vite. Puis est venu le Défi.

«Si je participe, c'est que j'aime le sport et l'activité physique en général. Le vélo est un sport qui est accessible. Il y a deux ans, j'ai décidé de faire un revirement majeur dans ma vie. J'étais très sportif dans ma jeunesse. Mais j'ai eu un espèce de long intermède entre les deux. Le Grand défi a été un élément déclencheur pour recommencer. Depuis que je participe, j'ai perdu 50 livres», dit celui qui en est à sa deuxième participation.

Mais il n'y a pas que l'activité physique qui gagne avec le Défi. Les maladies orphelines aussi, pour lesquelles l'organisation amasse des fonds. Ces maladies, si rares qu'elles sont peu étudiées et pour lesquelles peu de remèdes existent, ont ravi deux enfants à Pierre Lavoie. C'est un peu pour cela que le chirurgien cardiaque montréalais Michel Carrier participe au Défi. «Il y a la santé bien sûr, mais l'enjeu final est aussi de ramasser de l'argent pour les maladies orphelines», indique-t-il.

Des écoles et de l'exercice

Cette année, 1180 écoles se sont jointes au Défi Pierre Lavoie. Au total, les jeunes de toutes ces institutions ont cumulé plus de 71 millions de cubes d'énergie, soit des périodes de 15 minutes d'activité physique. Autrement dit, c'est près de 18 millions d'heures d'exercice que les jeunes ont complété depuis le début de l'année, des heures qui auraient peut-être été passées devant un écran de télévision plutôt qu'au grand air.

«C'est 30 millions de plus que l'année dernière. C'est fantastique», dit Geneviève Lebrun, coordonnatrice des communications. Quant au principal intéressé, qui ne compte plus les séquences de 15 minutes d'exercice depuis le jour où il a décidé de bouger et de devenir triathlète, le Défi et l'accueil des gens lui ont permis de repousser ses propres limites.

«Physiquement, ça va bien. Le pire est passé, je crois. Mais c'est plus difficile cette année. Le temps de sommeil a été réduit en raison des retards. L'accueil que nous recevons partout est fantastique. Ici, et aussi tout le long du parcours. Même cette nuit, il y avait des jeunes qui nous encourageaient. Et ça, c'est fantastique. De voir les résultats de leurs efforts, c'est encore mieux», dit Pierre Lavoie, le seul à avoir franchi la totalité les 1000 kilomètres... en trois jours.

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