Ce n'est donc pas pour rien que l'aéroport de Plattsburgh, dans l'État de New York, est aussi nommé l'aéroport américain de Montréal. Car autant là qu'à celui de Burlington, les voyageurs québécois affluent en grand nombre. Suffisamment, à tout le moins, pour que le site internet des deux aéroports offre une version française, destinée aux voyageurs d'ici.
«J'arrive de Burlington et je peux dire que 80 % des gens que j'ai rencontrés y parlaient français», note Caroline Parent, de l'Agence de voyages Tourbec.
Et ce n'est pas nouveau, observe Catherine Ducharme, de chez Voyages Gisèle Hains. «Cela fait déjà plusieurs années que c'est comme ça. C'est surtout pour sauver des taxes. Ça devient presque machinal. On nous le demande presque automatiquement. C'est très dispendieux de voyager à l'intérieur du Canada. Aux États-Unis, il y a plus d'offres, plus de compagnies», explique-t-elle.
Malgré les bas prix souvent affichés à partir des États-Unis, partir d'un État voisin du Québec ne signifie pas nécessairement que le client économisera. Tout est une question de coût pour Carole Bélanger, propriétaire de l'entreprise Voyages Transatlantiques, de Granby.
«Ce n'est pas une tendance générale. Si quelqu'un décide de partir pour l'Europe, il est rare qu'il choisisse de le faire à partir de Burlington. C'est le prix qui détermine tout. C'est une question de tarif», explique la voyagiste.
Une question de destination
La Voix de l'Est s'est prêtée au jeu des comparaisons. Et force est de constater que si votre destination favorite se trouve plutôt vers l'Europe, partir des États-Unis ne vous apportera pas grand-chose, sinon la possibilité de découvrir de nouveaux paysages en chemin.
En effet, voler vers Paris pour les vacances de la construction vous coûtera cher dans un cas comme dans l'autre. Mais à défaut de sauver du temps, l'aéroport de Montréal vous fera économiser de l'argent.
À titre d'exemple, un vol direct vers la Ville lumière à partir de Montréal vous coûtera 1011 $, alors que partir de Burlington fera monter la facture à 1417 $, avec une correspondance à Washington. Par contre, un voyage à Londres pour assister aux Jeux olympiques sera légèrement plus dispendieux à partir de Montréal.
Mais si plus de 4,8 millions de Canadiens ont choisi l'option américaine en 2011, soit 15 % de plus qu'en 2010, c'est justement pour se rendre au pays de l'oncle Sam. C'est là où se trouvent les économies. «C'est très dispendieux de voyager à l'intérieur du Canada. Aux États-Unis, il y a plus d'offres, plus de compagnies», dit Catherine Ducharme.
De Burlington, partir à Orlando vous coûtera 100 $ de moins qu'à Montréal au cours des prochaines vacances de la construction. Si vous prévoyez une escapade à New York pour la prochaine fête du Travail, ce sera pratiquement 200 $ d'économie.
Il faut tout de même faire attention à l'illusion de l'économie garantie. Car si se diriger vers Orlando ou New York est beaucoup moins cher de Burlington, vous devrez vous y prendre d'avance. «Il faut acheter son billet à l'avance. Sinon, les prix remontent plus on s'approche de la dernière minute», insiste Caroline Parent.
«C'est un peu une légende urbaine de croire qu'un vol à partir des États-Unis est automatiquement moins cher. Il n'y a pas d'absolu», prévient également Carole Bélanger.
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