«On a été malgré tout choyées. Les étudiantes du cégep de Granby Haute-Yamaska ont pu terminer leur programme à temps, mais on n'engage pas seulement des gens de Granby», indique Lise Montagne, l'ancienne directrice des ressources humaines, qui est devenue directrice générale adjointe en plus de cumuler la direction des soins infirmiers. L'établissement subit les contrecoups de la grève étudiante qui a réduit le nombre de candidates disponibles: celles qui ont pu compléter leur technique ont été très courtisées. «Avec la grève, il faut être très créatifs à la recherche de solutions», note-t-elle.
Chaque été, l'établissement souhaite recruter une vingtaine de candidates à l'exercice de la profession d'infirmière. Il réussit habituellement à en attirer entre 10 et 15.
«C'est sûr que ce ne sera pas plus difficile que les années passées - quant au nombre d'aspirantes infirmières recrutées. Mais les manques à gagner se cumulent d'année en année à cause des départs à la retraite et de la création de nouveaux postes, il y a eu un peu de développement», souligne Lise Montagne.
Elle précise aussi que la pénurie d'infirmières a des impacts importants dans les petits établissements. «Lorsqu'il manque une infirmière dans une équipe de trois, ça représente le tiers des effectifs. Quand il en manque une sur 12 - dans les plus grands établissements - tu peux t'organiser un peu. À chaque absence, ça nous rend vulnérables, explique Mme Montagne. On essaie différentes mesures, on modifie les horaires. On ne veut pas devoir obliger des infirmières à faire du temps supplémentaire, ni à avoir recours à de la main-d'oeuvre indépendante.»
Pour atténuer l'impact du manque de personnel, on offre des horaires qui alternent entre sept jours de travail et sept jours de congé, en plus de proposer deux quarts de travail de 12h la fin de semaine. Les infirmières ne sont pas contraintes à adhérer à ces horaires atypiques. «On n'a pas eu l'obligation d'entrer dans une approche coercitive. On n'en est quand même pas là. On a une belle contribution du personnel. On a des gens de coeur qui ne veulent pas délaisser leur équipe», assure la directrice générale adjointe.
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