Six ans de prison pour le pédophile Noël Thibeault

Noël Thibeault, photographié ici le 18 avril, s'est... (photo archives La Voix de l'Est)

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Noël Thibeault, photographié ici le 18 avril, s'est avancé dans le box des accusés en fixant le plancher, l'air piteux.

photo archives La Voix de l'Est

Pascal Faucher

Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Saint-Hyacinthe) Près de 400 actes connus. Une responsabilité pénale «très élevée». Des gestes «inacceptables dans notre société».

Le juge de la Cour du Québec Gilles Charpentier n'a pas fait de cadeau à Noël Thibeault, hier matin, en rendant une peine de six ans de prison contre le pédophile de Saint-Valérien-de-Milton. L'accusé, qui s'est avancé dans le box en fixant le plancher, l'air piteux, n'a pas réagi.

À la lecture de sa sentence au palais de justice de Saint-Hyacinthe, le magistrat a souligné que l'accusé de 62 ans avait commis des crimes de nature sexuelle à répétition sur trois victimes et pendant plusieurs années. D'abord sur sa fille Chantal et sur Karen Perreault, qui se faisait garder chez lui dans les années 1980, et sur un voisin adolescent, 20 ans plus tard. L'ordonnance de non-publication a été maintenue pour le jeune homme, aujourd'hui adulte.

Manipulation

Les actes consistaient en du frottage, des attouchements et des fellations. Dans le cas des deux fillettes, M. Thibeault, un retraité de l'usine de volaille Olymel et ex-entraîneur de hockey et de baseball, les tenait au silence en les menaçant de les séparer. Quant à l'adolescent, pour qui il avait figure de père, il lui disait vouloir l'initier à la sexualité.

Le tout se faisait «dans un contexte de manipulation» et lorsque la conjointe de l'accusé dormait ou était absente. «La responsabilité pénale du délinquant est très élevée», a indiqué le juge Charpentier.

Le fait que M. Thibeault ait entrepris une thérapie sur le tard n'a pas ému le magistrat puisqu'il n'en a entendu «aucun détail». L'âge avancé du délinquant et sa santé chancelante ne doivent pas non plus «occulter les gestes commis». Tout comme l'affirmation de l'accusé voulant qu'il ait subi le même traitement par son père. «Il devait être conscient des séquelles de tels gestes, car il en a été lui-même victime», a dit le juge.

En plus de sa peine de prison, M. Thibeault sera inscrit au registre des délinquants sexuels et il lui sera interdit d'être en contact avec des mineurs pour 10 ans. L'accusé, qui n'avait pas d'antécédent judiciaire, était déjà détenu depuis sa précédente comparution, le 18 avril.

Dissuasion

Les deux victimes présentes hier ont paru soulagées que le processus judiciaire soit terminé. Mme Perreault s'est dite «contente» et a indiqué que la sentence lui convenait. Mme Thibeault a de son côté dit être «satisfaite», ajoutant que la peine octroyée «ne change pas l'impact du geste».

Pour la Couronne, Me Claudie Gilbert a aussi dit apprécier que la sentence s'apparente à ce qu'elle avait demandé, soit sept ans. «On voulait une sentence dissuasive et dénonciatrice. Les trois victimes ont été grandement affectées par ce qui s'est passé.» L'avocat de M. Thibault, Me Patrick Gladu, qui avait demandé deux ans de prison, a refusé de commenter.

«Une sentence, c'est une reconnaissance des actes sexuels et des conséquences, a dit Chantal Brassard, une intervenante du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de Granby présente au tribunal. Ce n'est jamais à la hauteur des sévices commis.»

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