Quand la différence dérange

Claudette Dupont se questionne sur la place dans... (photo Alain Dion)

Agrandir

Claudette Dupont se questionne sur la place dans la société des adultes atteints d'un trouble envahissant du développement.

photo Alain Dion

Chantal Vallée

Chantal Vallée
La Voix de l'Est

(Granby) Ce n'est pas toujours facile d'être un adulte différent. Claudette Dupont, la grand-mère d'un jeune de 17 ans, atteint d'un trouble envahissant du développement (TED) apparenté à l'autisme, en a eu une illustration, hier. Son petit-fils est revenu du parc Daniel-Johnson dans tous ses états, après s'être fait traiter de pédophile et enjoindre de ne plus jamais y retourner par un père qui s'y trouvait avec d'autres personnes.

Selon Mme Dupont, son petit-fils était allé jouer au Bakugan au parc, un jeu de combat avec des figurines qu'affectionnent beaucoup d'enfants d'âge scolaire, lorsque deux adolescentes âgées de 13, 14 ans sont venues jouer avec lui.

«C'est un beau grand jeune homme costaud. Il a 17 ans, mais il semble en avoir 20», dit sa grand-mère. Même s'il n'est pas atteint de déficience intellectuelle, dans certains domaines de sa vie, il ressemble à un jeune homme de 12 ans. Dans les jeux qu'il affectionne notamment, comme les Bakugan et les Mangas.

«Il était allé jouer au parc Daniel-Johnson sous les arbres. Il veut toujours se faire de nouveaux amis et entrer en communication avec les autres. Mais il parle trop fort, ce qui fait peur aux gens, et parfois avec trop d'insistance.»

Mme Dupont croit que c'est sans doute à cause de ces comportements différents - «il devait parler fort, gesticuler», dit-elle -, qu'un homme s'est approché se faisant le porte-parole de son groupe pour l'invectiver, parce qu'aucun geste de nature sexuelle ne lui a été reproché.

«Les gens ont pris peur. L'homme lui a dit: va-t'en, je ne veux plus jamais te revoir au parc. Tu es un prédateur sexuel. T'es pas normal. Tu devrais être à l'hôpital.»

Des accusations qui ont énormément blessé son petit-fils, qui pleurait et criait en se grafignant le visage, lorsqu'il est allé voir sa mère. La grand-mère est retournée au parc avec son petit-fils afin de rencontrer l'homme pour lui parler. «Je m'attendais à voir un gros méchant tatoué, mais c'était un père avec un carrosse», raconte-t-elle. Elle lui a expliqué la situation. Il est ensuite allé serrer la main de son petit-fils et s'est excusé à sa demande. «Je lui ai demandé: si tu le revois, au lieu de l'agresser, peux-tu le protéger?» Elle a décidé de ne pas porter plainte à la police parce que ce n'était pas quelqu'un de hargneux ou d'arrogant.

Tous les détails dans notre édition de mardi

Abonnez-vous à La Voix de l'Est

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer