«Dans les 15, 20 dernières années, il y a eu beaucoup de bénévolat, de temps donné pour développer l'endroit, indique Christian Gauvin, directeur du Club cycliste Les Yables de Bromont. Il y a eu des coupes Canada, des coupes du Monde, ils ont bénéficié de subventions pour aménager tout ça et soudainement, comme ça, on décide de fermer la porte et on n'a plus accès à ces parcours de haut niveau. C'est quasiment comme si on rasait une montagne reconnue pour ses pistes de descente en skis. Bromont n'a pas été mise sur la carte à cause du ski, mais parce que les gens savent que c'est un endroit de vélo de montagne. On est allés en Coupe Canada ce week-end, et ça ne parlait que de ça là-bas. Les gens de partout se demandent ce qui se passe.»
Pour le Club Les Yables, qui compte six athlètes haute-performance en plus de s'impliquer grandement dans le développement des jeunes en vélo de montagne, les conséquences directes de cette interdiction sont majeures.
«On va être obligés de se déplacer pour s'entraîner, et ça va nous coûter plus cher, en déplacement, en nourriture, indique M. Gauvin, qui s'est lui-même installé à Bromont même s'il travaille à Montréal pour avoir facilement accès à un site d'entraînement. On doit dépenser pour des abonnements ailleurs, mais c'est de l'argent que j'aimerais beaucoup mieux dépenser à Bromont. Mais là, les pistes qui restent, c'est trop petit pour de l'entraînement. Les sports-études s'entraînaient là, il y avait plusieurs camps de vélo qui s'y rendaient. On a bloqué les accès sans penser aux impacts économiques.»
Dépendant de la qualité des sentiers
Pour le Centre national de cyclisme de Bromont, qui entraîne des athlètes de haut niveau, la fermeture de nombreux sentiers dans la montagne pourrait avoir des conséquences catastrophiques et faire en sorte que les camps d'entraînement devront être tenus ailleurs.
«Ma job, qui est d'entraîner l'élite du vélo de montagne, dépend à 100 % de la qualité des sentiers, fait valoir l'entraîneur national de vélo de montagne Ian Hugues. Le pool d'athlètes pour les Olympiques de 2016 et 2020, c'est à partir de Bromont qu'on veut les préparer. Les pistes officiellement accessibles ne suffisent pas pour des camps d'entraînement et on pourrait devoir les faire ailleurs.»
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