Pour la très grande majorité des cyclistes du dimanche, parcourir 1200 kilomètres à vélo en un été est déjà remarquable en soi. Pour Étienne Théroux, 1200 kilomètres en 16 jours à partir de Montréal, en passant par Granby, Sherbrooke, Québec, Charlevoix et la Mauricie, est la distance nécessaire pour se préparer à une aventure beaucoup plus longue.
D'Inuvik, le cyclotouriste partira donc en direction de la ville d'Ushuaia, la plus au sud de l'Argentine. Seul, sur un vélo pesant plus de 100 livres, il transportera du matériel de camping et de vidéo, des vêtements, de la nourriture et tous les outils nécessaires à la réparation de sa monture. Un défi qu'il aborde philosophiquement. «Le but n'est pas de faire une course. C'est de prendre le temps. Si j'aime une ville, j'y resterai plus longtemps... La vie est tellement différente à vélo. Tout est long et lent. Ma seule crainte est que j'espère que mon corps va suivre et que je ne me ferai pas voler mon matériel», dit celui qui travaille dans l'industrie du tourisme.
Et ça ne sera pas la première aventure du genre pour le jeune de 26 ans. Il y a cinq ans, avec un ami, il entreprenait la grande traversée du Canada, de Terre-Neuve à Vancouver. Un périple de quatre mois qui lui a tout de suite donné le goût de recommencer l'expérience, cette fois-ci sur l'axe nord-sud. «Avec mon ami, nous nous sommes dit que l'on devait refaire ce type de voyage. Ses obligations aujourd'hui ne lui permettent pas de le faire, mais j'ai décidé de le faire quand même. À 26 ans, je me suis dit que c'était maintenant ou jamais», affirme Étienne Théroux, qui dit ne pas trop craindre la solitude à laquelle il sera confronté. «Cela me poussera probablement à aller à la rencontre des gens», relativise-t-il.
Et des gens, il en rencontrera tout au long de ce périple de 18 mois au travers des montagnes Rocheuses canadiennes et américaines, de l'Amérique centrale et du Sud. Car si une grande partie de ses arrêts se fera sur des terrains vagues ou de camping, ou sous invitation des habitants de l'endroit, le natif de Québec se servira également d'internet pour trouver un toit pour la nuit, notamment par l'entremise du site Warmshowers.org, un site spécialisé dans l'accueil de cyclotouristes.
Selon ses calculs, Étienne Théroux roulera non seulement sur une distance de 27 000 kilomètres, mais il grimpera l'équivalent de 350 000 mètres, l'équivalent de 40 fois le mont Everest, la plus haute montagne de la planète. «Tout ce qui monte doit redescendre», s'amuse-t-il à dire.
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