Selon lui, plusieurs des travailleurs nouvellement embauchés étaient autrefois à l'emploi de Maisons Alouette, qui fabriquait aussi des maisons usinées. Même si les employés connaissent bien l'endroit, ils ont malgré tout dû se familiariser avec un «processus de construction» différent. «Nous avons dû faire certaines transformations dans l'usine», souligne Dany Bonneville, qui partage la présidence de l'entreprise avec son cousin, Éric. Ceux-ci représentent la troisième génération au sein de la compagnie.
Selon M. Bonneville, les installations de Sainte-Anne-de-la-Rochelle devraient permettre à l'entreprise, spécialisée dans la construction de maisons préfabriquées, de doubler sa production d'ici trois ans. Les Industries Bonneville comptent déjà une usine de fabrication à Beloeil. «Nous fabriquons de 600 à 700 maisons par année. On souhaite en faire plus de 1000 par année», précise le coprésident.
Cet objectif s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de croissance liée en bonne partie au Plan Nord. L'entreprise, qui emploie quelque 300 personnes, a ouvert depuis quelques mois sept bureaux de vente régionaux, dont à Val-D'Or, Sept-Îles, Chicoutimi et Lebel-sur-Quévillon, et prévoit en ouvrir deux autres à Rivière-du-Loup et à Chibougamau.
Dans cette optique, l'ajout de capacité de production à Sainte-Anne-de-la-Rochelle est «très important», souligne Dany Bonneville. Déjà, Les Industries Bonneville ont signé un contrat pour la construction d'une vingtaine de maisons à Fermont. Et l'entreprise est en «soumission finale» dans différentes régions québécoises, notamment pour la construction de campements qui peuvent compter jusqu'à une cinquantaine de chambres. Ces campements sont destinés à l'industrie minière.
Planifié
Dany Bonneville affirme que cela fait un «bon bout de temps» que la direction de l'entreprise cogite sur les perspectives de développement, entre autres celles qui pourraient découler du Plan Nord. «On voyait qu'on allait manquer d'espace de production», souligne-t-il. Le Plan Nord est appelé à se déployer sur 25 ans et à entraîner des investissements de plus de 80 milliards $.
Les Industries Bonneville peuvent livrer partout en province par voie terrestre, souligne le dirigeant. Les maisons, campements, condos et immeubles à appartements, signés Bonneville, sont tous assemblés en usine, «à l'abri des intempéries», et livrés en «modules».
«Les armoires, le bain, la douche: tout est là, lance le coprésident. Ça prend une journée assembler les modules d'une maison d'un étage et deux jours pour une maison de deux étages. Quand on repart, il ne reste plus que les joints, la peinture, les planchers et les raccords électriques et ceux de la plomberie à faire.»
Cette méthode de construction présenterait de grands avantages pour les clients de l'entreprise qui sont situés au nord de la province. «Il n'y a pas de main-d'oeuvre pour bâtir des maisons là-bas. Les gens vont travailler dans les mines, c'est plus payant», affirme M. Bonneville.
Outre l'usine de Sainte-Anne-de-la-Rochelle, qui a déjà employé une centaine de personnes, Les Industries Bonneville ont aussi acquis le site des Maisons Alouette, en bordure de l'autoroute 10, à Saint-Alphonse. À ce jour «six, sept maisons» modèles ont été assemblées sur place. Quelques autres s'ajouteront éventuellement, laisse savoir Dany Bonneville.