Que des avantages, selon Richard Goulet

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Une page d'histoire a été tournée avec la fusion de la ville et du canton de Granby en 2007.

photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est

Marie-France Létourneau

Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Il y a cinq ans, pratiquement jour pour jour, les Granbyens s'apprêtaient à élire le premier conseil municipal de la nouvelle grande ville de Granby, née de l'union de la ville et du canton le 1er janvier 2007. Un mariage qui n'a eu que des avantages, estime aujourd'hui le maire Richard Goulet.

«Le plus gros avantage, c'est que ça a arrêté les disputes politiques, les guerres de clochers et le chauvinisme», a laissé tomber M. Goulet, récemment rencontré à son bureau avec le directeur général de la Ville, Michel Pinault, afin de souligner les «noces de bois» du nouveau Granby.

Richard Goulet a fait de la fusion son principal cheval de bataille dès qu'il a été élu à la mairie, en 2005. Après des années de tiraillements entre les deux administrations municipales, les astres étaient bien alignés. L'homologue de M. Goulet à la mairie du Canton, Robert Compagnat, était ouvert à la discussion. Les deux municipalités ont accouché d'un protocole d'entente quelques mois plus tard. Certains se sont opposés au projet, dont l'ex-maire de Granby, Michel Duchesneau. Mais la réponse des citoyens est tombée le 28 mai 2006: 56,6 % d'entre eux ont dit «oui» lors d'un référendum.

M. Duchesneau reconnaît que la fusion des deux municipalités était écrite «dans le ciel». Mais c'est la «façon de faire» qu'il n'approuvait pas à l'époque, rappelle-t-il. Son opinion n'a pas réellement changé depuis. «Ils n'ont pas tenu compte des immobilisations. Le Canton n'avait rien. Il aurait dû y avoir un partage des actifs. Mais la Ville a donné son patrimoine. Les citoyens du canton sont devenus copropriétaires de la piscine, de l'aréna, sans verser un sou», déplore l'ex-maire.

Des économies?

Par ailleurs, si la fusion a engendré un travail colossal «d'harmonisation» entre les deux administrations (budgets, systèmes informatiques, conventions collectives et règlements), il ne subsiste pratiquement plus, cinq ans plus tard, que les dettes respectives des municipalités d'avant la fusion pour témoigner de l'époque. Celle de l'ancienne ville sera effacée en 2017 et celle de l'ancien canton en 2018.

Il ne faut toutefois pas confondre ces dettes, contractées avant 2007, avec celle accumulée par la nouvelle ville. Cette dernière devrait s'établir à 83,4 millions$ à la fin de 2012.

La fusion s'est-elle traduite par des économies? Le maire Goulet et le directeur général de la Ville, Michel Pinault, sont convaincus que oui. Mais ils ne sont pas en mesure de les chiffrer. Car les sources peuvent être multiples, font-ils valoir. «Il y a des économies d'échelle pour les achats, les soumissions. Un exemple parmi d'autres: en 2007, un des contrats de déneigement dans le Canton était de 127 000 $, selon un contrat fixe. Avec la formule de la nouvelle Ville, il s'est établi à 68 000 $ en fonction d'un taux horaire», relève M. Pinault.

Aux yeux de Michel Duchesneau, les économies sont toutefois inexistantes. Au contraire, les dépenses courantes ont explosé, soutient-il. L'ex-maire cite le rapport Roche, réalisé dans le cadre de la fusion, qui, selon lui, prévoyait des dépenses annuelles allant de 44,2 millions$ en 2007 à 47,7 millions$ en 2011. Or, les dépenses se sont établies à 52,6 millions$ en 2007 et elles oscilleront, dit-il, autour de 84,7 millions$ en 2011, selon les prévisions.

Richard Goulet fait valoir que la ville a évolué depuis la production du rapport en 2004. Mais il refuse de commenter les affirmations de Michel Duchesneau. «Je n'accorde aucune importance à ce qu'il dit», laisse-t-il tomber.

Autres bénéfices

N'empêche, le directeur général de la Ville soutient que certains bénéfices sont peut-être moins «palpables», mais ils sont tout aussi valables. «Nous avons une meilleure vision de notre développement économique en ayant un seul territoire. Nous avons aussi un poids politique plus important (Granby est la 14e ville en importance au Québec, précise le maire). Tout ça, en demeurant une municipalité à échelle humaine, encore très bien connectée sur les besoins des citoyens», estime Michel Pinault.

«Il n'y a eu que des avantages. On est aujourd'hui mieux équipés pour répondre à toutes sortes de situations, incluant les situations d'urgences», renchérit Richard Goulet.

Et à ceux qui sont tentés d'associer la hausse de l'évaluation de leur propriété à la fusion, le maire affirme qu'elle aurait quand même été au rendez-vous «pour tout le monde».

En poste de 2005 à 2007, l'ex-maire du Canton, Robert Compagnat, a été, à sa façon, un des acteurs importants de la fusion. La Voix de l'Est a tenté de le joindre, mais il n'a pas rappelé.

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