Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'il renonce à cet élevage qui le passionne depuis cinq ans. «C'est un deuil que je dois faire, confie Mme Kerouac, qui, avec son conjoint, n'hésitait à prendre congé pour être là lorsque les femelles mettaient bas. Je ne peux pas croire que j'arrête...»
La décision a été prise l'automne dernier à la suite d'une saisie de plus de 500 chiens en Outaouais. «Ça m'a dégoûtée, écoeurée, dit-elle. Je tire la plogue parce qu'il y a tellement de chiots de toutes sortes de races qui sont abandonnés pour les mauvaises raisons.»
À titre d'éleveurs, son conjoint et elle choisissaient avec circonspection des familles adoptives avec qui ils signaient un contrat. Mais elles étaient de plus en plus difficiles à trouver, raconte l'éleveuse. Le marché étant saturé, les gens ne veulent pas payer pour la qualité, ajoute-t-elle.
Pendant ses années d'élevage, le couple a eu recours au tribunal des petites créances pour annuler un contrat avec un client, le seul à qui il avait autorisé un droit reproduction moyennant diverses conditions.
La femelle ne devait pas être accouplée avant l'âge de deux ans pour s'assurer qu'elle n'avait aucun problème de santé. «J'ai réalisé que la personne offrait à sept mois le chien pour le service de reproduction sur internet, et c'était seulement 200$. Elle s'est ramassé deux femelles qui n'étaient pas enregistrées et on ne sait pas d'où elles viennent», déplore-t-elle.
Le couple a eu gain de cause. Le contrat a été brisé et l'animal est retourné chez Mme Kerouac et M. Berthiaume. Elle était dans un piteux état. Elle n'avait plus de poils sur une grande partie de son corps et souffrait d'un problème de dentition.
Stéphanie Kerouac et son conjoint n'en peuvent plus des pseudo-éleveurs qui ne se soucient pas de la provenance et de la génétique des chiens. Résultat? Les risques que les chiots connaissent des problèmes de santé augmentent.
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