1000 postes coupés à l'ASFC: de vives inquiétudes pour la sécurité

L'ASFC projette d'entreprendre l'automatisation de petits points d'entrée... (photo Janick Marois)

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L'ASFC projette d'entreprendre l'automatisation de petits points d'entrée terrestres, comme celui-ci, à Glen Sutton.

photo Janick Marois

 

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Granby) Des compressions de 143 M$ au budget de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) raniment certaines craintes quant au futur des postes frontaliers de la région. Si le scénario de fermetures semble exclu pour le moment, les risques reliés à la sécurité et la diminution des services aux usagers inquiètent le Syndicat des douaniers et le député de Brome-Missisquoi Pierre Jacob. De son côté, l'Agence assure que les répercussions seront réduites au minimum.

Dans la foulée des 5 G$ de compressions annoncées lors du dernier budget fédéral, incluant l'abolition de 19 200 emplois dans la fonction publique, environ 1150 employés de l'ASFC ont récemment reçu une lettre stipulant que leur poste était en péril.

Une situation qui inquiète Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l'immigration. «En s'attaquant ainsi aux services frontaliers, ce gouvernement affaiblit la première ligne de défense canadienne en matière de sécurité nationale et de sécurité publique», indique-t-il.

Le président du syndicat s'explique mal cette décision, d'autant plus que le gouvernement conservateur a augmenté le budget de l'Agence de 26 % depuis son arrivée au pouvoir en 2006. «On a l'impression que le gouvernement a donné de la main droite, pour ensuite reprendre de la main gauche, illustre M. Fortin. C'est utopique de croire que des coupures de cette envergure n'auront pas d'impact sur la sécurité.»

De son côté, l'ASFC tente de se montrer rassurante quant aux possibles impacts sur la sécurité nationale et les services aux usagers. «L'agence demeure résolue à exécuter son mandat de protéger les Canadiens et de faciliter les déplacements et les échanges commerciaux. La mise en oeuvre de ces initiatives de réductions budgétaires ne nuira en rien à la santé et la sécurité des Canadiens», dit Esme Bailey, porte-parole principale de l'Agence.

Selon Mme Bailey, des 1000 postes abolis, 250 le seront directement à l'ASFC. Les autres seront soit mutés ailleurs ou simplement soumis au principe de l'attrition.

Jean-Pierre Fortin est de son côté plus précis quant à la façon de distribuer ces pertes. «Ce sont 325 postes douaniers qui seront coupés, des agents de première ligne. Beaucoup d'agents de renseignements seront aussi coupés. On risque de voir plus de pornographie infantile franchir nos frontières, plus d'armes à feu et plus de drogues. Donc, plus de prédateurs sexuels, plus de criminels endurcis et potentiellement des terroristes, met en garde le chef syndical. Les douaniers et les agents de renseignements sont des gens qui sont spécialisés là-dedans. En plus, il y a fort à parier que le temps d'attente augmentera.»

Quant à lui, le député néo-démocrate Pierre Jacob doute que le service restera le même. «Les gens vont attendre plus. Je serais étonné du contraire. On ne peut couper et couper encore et ensuite espérer offrir le même service», commente-t-il.

Possible automatisation?

Toujours dans le but de réaliser des économies permanentes, l'ASFC projette d'entreprendre l'automatisation de petits points d'entrée terrestres, comme ceux de Morse's Line, de Frelighsburg et de Glen Sutton, par exemple. Mais pour le moment, il est trop tôt pour savoir quels points pourraient voir disparaître leurs douaniers au profit d'appareils électroniques.

«Je suis inquiet par rapport à cela. Le bureau du ministre (Vic Toews) a dit que l'ASFC allait commencer à informatiser certains petits postes, mentionne Jean-Pierre Fortin. Tout ça dans le cadre de l'accord canado-américain. Nous n'avons rien contre, mais la technologie doit d'abord nous aider à être plus performants. Quelle mesure cela aura? On ne le sait pas et nous ne savons pas de quels postes il s'agira.»

À l'Agence, on est plutôt évasif quant à la réalisation de cette mesure. «En ce qui touche l'accessibilité pour les voyageurs, une amélioration des niveaux de service est prévue puisqu'un certain nombre de petits bureaux dont les heures de service sont actuellement limitées fonctionneront 24 heures sur 24 et sept jours par semaine, une fois automatisés. Nous serons prêts à offrir aux employés le soutien et les renseignements nécessaires pour s'adapter à la transition, dès que les décisions auront été annoncées», se contente de dire Esme Bailey.

«Je préfère ne pas commenter cette possibilité pour le moment, dit le député Pierre Jacob. Mais la machine est là pour accompagner les individus. Toutes les décisions qui sont relatives à un poste frontalier doivent être prises par des douaniers.»

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