Combat des vins de La Presse: un rouge du vignoble Gagliano passe en finale

«Quand j'ai acheté en 2008, plein de gens... (photo Danièle Francis)

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«Quand j'ai acheté en 2008, plein de gens me traitaient de fou, de malade. Mais je savais qu'on pouvait faire de bons rouges au Québec», a raconté hier Alfonso Gagliano, propriétaire du vignoble Gagliano.

photo Danièle Francis

Marie-France Létourneau

Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Dunham) De la piquette, les vins rouges québécois? Ce vieux mythe vient d'être déboulonné. Le Tinello 2010 du vignoble Gagliano à Dunham a remporté la demi-finale des vins rouges au combat des vins de La Presse lors d'une dégustation à l'aveugle. Il se mesurait à des vins du Chili, de la France et de l'Italie.

Les arômes du Tinello ont séduit d'emblée les trois membres du jury - tous des spécialistes de la vigne - composé de Carlos Ferreira, propriétaire de restaurants à Montréal, d'Alain Rochard, vigneron et sommelier au bistro Continental à Montréal, et de Monique St-Arnaud, agronome et copropriétaire du vignoble Les Murmures à Saint-Jean-Baptiste.

«Au nez», Alain Rochard a craqué pour le vin élaboré au vignoble de l'ex-politicien Alfonso Gagliano et le Tajano Umani Montepulciano d'Abruzzo 2009 d'Italie. Une fois en bouche, ce sont la «fraîcheur» et «l'équilibre» du Tinello qui se sont imposés. Une opinion à laquelle les comparses d'Alain Rochard se sont rapidement ralliés. Carlos Ferreira a même confondu le cépage Frontenac duquel le Tinello est issu avec le pinot noir, un cépage renommé en Bourgogne et en Champagne, en France.

Une reconnaissance qui remplit de fierté Alfonso Gagliano, désormais vigneron à temps plein. «Quand j'ai acheté en 2008, plein de gens me traitaient de fou, de malade. Mais je savais qu'on pouvait faire de bons rouges au Québec», a-t-il raconté hier, à l'occasion d'une des rares entrevues qu'il a accordées depuis qu'il a quitté le tumulte d'Ottawa, après le scandale des commandites, pour le terroir de Brome-Missisquoi.

L'industrie évolue

Les résultats du combat des vins viennent de lui donner raison. «Les experts ont confirmé qu'on peut faire de bons vins rouges de table au Québec», dit M. Gagliano. Ce dernier reconnaît toutefois que les préjugés sont tenaces envers les vins québécois. La qualité a peut-être parfois laissé à désirer. Mais les choses changent. L'industrie évolue, affirme-t-il.

«Au cours des dernières années, il y a beaucoup de projets qui se sont développés dans le milieu du vin. On travaille avec des oenologues, des agronomes de Dura-Club. Un jour, on pourra faire de grands crus», croit le vigneron qui s'est lancé dans cette aventure avec son épouse, Lia, et son fils, Vincent. «C'est une entreprise familiale artisanale. On y met beaucoup de passion», glisse M. Gagliano, qui dit avoir bel et bien tourné la page sur la politique.

«Je ne regarde plus les nouvelles. Le soir, avant de me coucher, je fais le tour de ma cave», dit celui qui, en plus de superviser la culture des vignes et la production, aime bien animer les visites guidées du domaine durant la saison chaude.

Autrefois connu sous l'appellation des Blancs Côteaux, le vignoble Gagliano compte une douzaine de produits, 17 000 plants de vigne en production et vise à embouteiller 50 000 bouteilles annuellement d'ici deux ans.

Tous les détails dans notre édition de samedi

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