«Quand Mario Limoges a annoncé son départ, je me suis senti interpellé. J'ai vu ça comme une belle opportunité pour oeuvrer à nouveau dans le développement économique et poursuivre ma carrière. L'attrait du nouveau défi a été supérieur aux acquis que j'avais», a expliqué hier M. St-Laurent, à l'occasion d'un point de presse tenu pour annoncer sa nomination.
Patrick St-Laurent est loin d'être en terrain inconnu à Granby. Il habite et travaille dans la région depuis une vingtaine d'années. Il a entre autres oeuvré au Centre de coordination économique (CCE) et au Service d'aide aux jeunes entreprises (SAJE), comme directeur. Il a également été commissaire industriel adjoint dans la région du Val-Saint-François.
Après un passage au privé, M. St-Laurent occupait, depuis 2005, le poste de directeur principal des marchés commercial et industriel et développement des affaires au Centre financier aux entreprises Desjardins du Haut-Richelieu-Yamaska, à Granby.
Avec le mandat de soutenir la vigueur économique de Granby et la région, CIME chapeaute quatre organismes: le Centre d'innovation en technologie industrielle de Granby (CITIG), la corporation du commissariat industriel (CCI), le FIER Montestrie économique et le Centre de transfert aux entreprises.
Enjeux
Comme son prédécesseur, qui oeuvre désormais dans la fonction publique québécoise, Patrick St-Laurent aura un vaste mandat. Et il est confiant de bien remplir son rôle. «Mario (Limoges) a été un visionnaire, un bâtisseur. Mais le futur est aussi garant de belles choses», estime-t-il.
Parmi les enjeux qui retiennent l'attention du nouveau directeur général: le transfert et la relève des entreprises - «d'ici 10 ans, 60 % des entreprises vont changer de mains», note-t-il -, ainsi que la planification de la main-d'oeuvre et la pénurie de certains métiers spécialisés. «C'est important qu'on puisse offrir des emplois de qualité dans la région. Il y a encore un exode de nos cerveaux et des compétences», dit-il.
La promotion et la valorisation de l'offre locale dans les médias sociaux sont un autre sujet chaud, estime Patrick St-Laurent. Selon lui, il y a 15 ans, 10 % des «investissements directs étrangers» étaient le fruit des missions de prospection réalisées par des commissaires industriels. «Aujourd'hui, ils ont fondu à 3 %», relève-t-il en citant des statistiques québécoises. Il importe donc de trouver de nouvelles façons de faire.
Une campagne de publicité, financée à 50 % par la Ville de Granby, sera par ailleurs lancée à l'automne dans le but d'attirer de nouveaux travailleurs, a précisé hier le maire Richard Goulet, qui préside la corporation du commissariat industriel Granby et région. «Il y a des industries qui n'agrandissent pas par manque de main-d'oeuvre spécialisée», affirme-t-il. «Il y a un beau tissu industriel ici. Il faut aider les entreprises à prospérer», juge Patrick St-Laurent.
Le vice-président de CIME, Éric Nadeau, n'était pas en mesure hier de préciser le nombre de curriculum vitae reçus dans le cadre du processus d'embauche. Sept personnes ont été rencontrées en entrevue. La candidature de M. St-Laurent s'est imposée parce qu'il «connaît bien la région» et qu'il a «une bonne expérience» professionnelle, a-t-il relevé.