Formations méconnues, emploi assuré

Quelques élèves en technologie de l'électronique industrielle entourent... (photo Janick Marois)

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Quelques élèves en technologie de l'électronique industrielle entourent le professeur de robotique Florent Binette (au centre).

photo Janick Marois

Pascal Faucher

Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Difficile, le marché du travail? Pas pour les diplômés en technologie du génie industriel et de l'électronique industrielle du cégep de Granby Haute-Yamaska, qui bénéficient d'un emploi quasi assuré à leur sortie de l'école.

Mais ils sont peu nombreux à s'y inscrire, car ces formations de trois ans sont méconnues. En mai, il n'y aura qu'une dizaine de finissants en électronique industrielle - alors qu'il y a des emplois pour le triple - et aucun en génie industriel puisque ce cours a redémarré en septembre.

Les dirigeants du cégep et les professeurs de ces techniques sont sollicités chaque semaine par des entreprises pour savoir qui aura son diplôme, et quand. «C'est incroyable, ils nous harcèlent déjà pour travailler», déclare Jean-Christophe Champeau, étudiant de première année en technologie du génie industriel, rencontré dans l'une des classes très équipées de la rue Le Corbusier, qui contiennent entre autres des robots et des chaînes de montage.

L'embarras du choix

Les IBM, Artopex, Papersource, ÉlectroSolutions, LEK et autres Tradelco offrent toutes des stages ou des emplois dans ces domaines. «Tout le monde se place, c'est sûr, dit le coordonnateur de ces programmes, Yannick Cormier. Les élèves ont l'embarras du choix. Ils choisissent leur emploi et, par conséquent, le salaire qu'ils veulent.» Ceux-ci sont «très intéressants», avec une moyenne de 19,50 $ l'heure.

Pourquoi une telle demande? La région de Granby-Bromont regorge d'industries de fabrication et de transformation qui ont grand besoin de ces types de techniciens (voir encadré), plutôt polyvalents.

Tandis que l'offre est ténue pour plusieurs raisons. Hormis le fait que ces formations soient méconnues à Granby, la formation préuniversitaire est populaire et réputée plus prestigieuse. Et on croit à tort qu'elle est la voie royale pour accéder à une formation d'ingénieur à l'université, alors qu'une technique l'est tout autant, indique la conseillère pédagogique du cégep Jo-Anne Dittmann.

De plus, «les entreprises qui cherchent des techniciens comme en forme le cégep de Granby, et non des ingénieurs, sont nombreuses», dit Mme Dittmann.

Pas du cannage

Autre accroc: le travail en usine est souvent associé à un boulot sale et répétitif que les parents sont nombreux à décourager. Or, le travail exécuté par les diplômés en techniques physiques est peu redondant et s'effectue dans des environnements impeccables, dit Mme Dittmann.

«C'est pas du cannage qu'on fait, ni dans des environnements nécessairement malpropres. Il y a des compagnies très propres et très technologiques. Et si on a peur de la job journalière, travailler en usine peut être très intéressant et offrir de belles perspectives professionnelles.»

Les gens ont une mauvaise connaissance de ce qui se passe en usine, affirme Jacinthe Cloutier, directrice d'Emplois compétences, une firme de recrutement de personnel spécialisée dans les secteurs manufacturier et industriel. «Les gens ont en mémoire les machine shops d'antan, mais ce sont des compagnies très propres.»

«Les moteurs, l'électricité, c'est pas du tout salaud, ajoute Yannick Cormier. La propreté est nécessaire, aussi, pour protéger les machines.»

Éducation

Bref, on connaît peu les opportunités qui existent dans ces domaines. «C'est pourquoi on fait de l'éducation auprès des jeunes et des parents, comme des visites d'entreprise. Les jeunes ont tout avantage à aller vers ça.»

La Ville de Granby a d'ailleurs annoncé une aide de 200 000 $ - qui doit être égalée par le secteur privé - afin d'attirer de la main-d'oeuvre qualifiée pour le domaine industriel. «On doit importer de la main-d'oeuvre pour que nos industries puissent continuer à croître, avait indiqué le maire Richard Goulet, en mai dernier. Il faut faire savoir qu'il y a des emplois à combler.»

Jean-Christophe Champeau, lui, l'a compris et n'a pas hésité, après quelques recherches, à s'inscrire au programme de technologie de génie industriel. «J'ai déjà travaillé dans une usine et j'ai aimé ça», dit le jeune homme de 18 ans de Saint-Malo, en Estrie.

«Le génie industriel, c'est très vaste, tu peux faire tous les départements. C'est ce qui m'a attiré: tout est possible et on peut tout améliorer dans une usine. Il n'y a pas de limite.»

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