Retraité québécois assassiné en Floride

Pierrette Beauchemin et son conjoint Ovila Plante se... (photos Amy Beth Bennett, Sun sentinel)

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Pierrette Beauchemin et son conjoint Ovila Plante se trouvaient à l'intérieur de leur véhicule récréatif lorsque le tueur, William De Jesus, s'y est présenté accompagné de sa femme et de ses deux enfants aux alentours de 18h20.Le meurtrier, William De Jesus, s'est enlevé la vie après avoir poignardé sa femme et ses deux enfants, dont l'un à mort.

photos Amy Beth Bennett, Sun sentinel

 

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Granby) Robert Beauchemin, d'Acton Vale, peine encore à réaliser le drame qui a frappé sa famille jeudi dans un camping de Deerfield Beach, en Floride. En début de soirée, un forcené accompagné de sa femme et de ses enfants a fait irruption dans le motorisé de sa mère, Pierrette Beauchemin, d'Acton Vale, et de son conjoint, Ovila Plante, originaire de La Tuque, abattant froidement ce dernier de deux projectiles. Une longue prise d'otage s'en est suivie. Heureusement, sa mère âgée de 71 ans a réussi à s'échapper.

Le couple se trouvait à l'intérieur de son véhicule récréatif lorsque le tueur, William De Jesus, s'y est présenté aux alentours de 18h20. Selon ce que Mme Beauchemin a raconté à son fils au téléphone, De Jesus leur a d'abord demandé leur cellulaire pour appeler le 911. «Il était en crise, complètement disjoncté», rapporte M. Beauchemin.

Devant l'insistance et l'état de panique de l'assaillant, Ovila Plante, âgé de 76 ans, a tenté de pousser De Jesus à l'extérieur du véhicule récréatif. Celui-ci a alors agrippé M. Plante pour l'entraîner dans sa chute. Une fois que M. Plante se fut retrouvé par terre, De Jesus a fait feu sur lui, l'atteignant d'abord à la poitrine. Selon Jim Leljedal, porte-parole de la police locale, De Jesus lui aurait ensuite tiré une balle dans la tête.

La voisine du couple au camping, Lorraine Garneau, a raconté sur les ondes du 98,5 FM hier après-midi que le septuagénaire est venu leur demander de téléphoner au 911 avant de s'effondrer quelques mètres plus loin, devant la voiture du tireur.

Prise d'otage

Par la suite, William De Jesus, sa femme Deanna et leurs deux enfants se sont tous enfermés dans l'autocaravane, prenant en otage Pierrette Beauchemin. «Ils se sont tous retrouvés dans la salle de bain. Imaginez cinq personnes dans la salle de bain d'un motorisé!» dit Robert Beauchemin.

Le meurtrier a mis la pointe de son fusil sur la tempe de Mme Beauchemin et a exigé qu'elle lui donne son cellulaire. Il s'est alors mis à téléphoner à ses contacts et est tombé sur Johanne Beauchemin, la fille de la septuagénaire, qui habite en Floride depuis 15 ans.

Expliquant le drame au journal local Sun Sentinel, Johanne Beauchemin a raconté que le tueur lui a dit: «Si votre mère fait tout ce que je lui demande, je ne lui ferai pas de mal». À la pointe de son fusil, le forcené a ensuite dirigé Mme Beauchemin dans la chambre à coucher.

Quelques instants plus tard, il a demandé à sa femme d'aller chercher des couteaux de cuisine et de tuer Pierrette Beauchemin si elle tentait de s'échapper. Robert Beauchemin affirme que sa mère lui a dit que la conjointe du forcené ne semblait pas être violente.

Alors que tous étaient barricadés à l'intérieur du véhicule récréatif et que les équipes d'intervention de la police locale étaient arrivées, un des deux enfants de De Jesus serait sorti de la salle de bain pour supplier son père de ne pas faire de mal à personne. C'est à ce moment que Mme Beauchemin a profité du fait que l'attention du forcené était détournée pour sortir du motorisé. «Elle s'est dit "au pire il me tirera dans le dos"», raconte son fils.

Lorsque l'équipe d'intervention locale s'est finalement introduite à l'intérieur du véhicule récréatif, six heures après le début du drame, le meurtrier s'était poignardé à mort, après avoir tué de la même façon son fils Jeshiah, 9 ans, qui était autiste. Sa conjointe, Deanna et leur autre fils, Samson, ont également été poignardés, mais leurs vies ne semblent plus être en danger, selon le porte-parole de la police locale, Jim Leljadal.

Lendemains difficiles

Ce sont donc de durs lendemains que vivent Pierrette Beauchemin et tous ses proches.

«Ma mère et Ovila sont des gens qui aiment beaucoup parler à leur entourage... Ils formaient un couple très heureux et encore très amoureux. Ma mère était très heureuse avec lui. Il était la personne parfaite pour elle. C'était tellement un bon gars», confie Robert Beauchemin.

Le couple était ensemble depuis trois ans.

«C'est une femme d'une très grande énergie, poursuit-il. Mais elle est complètement traumatisée pour le moment.»

Au sujet d'Ovila Plante, M. Beauchemin, qui a perdu son père il y a 20 ans, dit qu'il «était vraiment un bon gars». «Je l'aimais beaucoup et j'aimais sa compagnie.»

«On croit toujours qu'une telle histoire n'arrive seulement qu'aux autres... C'est vraiment le pire drame qu'une famille puisse vivre», dit-il.

Par ailleurs, la mère de Deanna De Jesus, Janet Evans, savait qu'un tel événement allait arriver un jour. «Je savais qu'un jour, il allait la tuer ou tuer les enfants. Il est un homme horrible. Il était si cruel et si injurieux à l'endroit de ma fille... Mais elle revenait toujours vers lui. Elle nous téléphonait pour nous demander de l'aide et se sauver de lui, mais elle revenait toujours», a-t-elle confié au journal Sun Sentinel.

Mme Evans n'avait pas vu sa fille depuis trois ans.

Avec La Presse canadienne

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