CHSLD en PPP à Granby : le dossier a du plomb dans l'aile

Les 66 lits de longue durée, annoncés par... (photo archives La Voix de l'Est)

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Les 66 lits de longue durée, annoncés par Québec en 2007, se font toujours attendre.

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Chantal Vallée
Chantal Vallée
La Voix de l'Est

(Granby) Le dossier de CHSLD en PPP à Granby a du plomb dans l'aile. Le promoteur retenu pour construire et administrer ce centre d'hébergement et de soins de longue durée avait

jusqu'à la fin janvier pour déposer son montage financier, ce qu'il n'aurait pas fait. L'entreprise Gestion BPAL et Gestion Asselin inc. pourrait être disqualifiée. Cela représenterait de nouveaux délais pour le projet de 66 lits de longue durée, qui traîne en longueur depuis son annonce, en 2007.

Hier, Infrastructure Québec, qui gère les projets menés en partenariat public-privé, précisait que si jamais une telle situation se produisait, l'Agence pourrait choisir un autre soumissionnaire: «celui ayant soumis la proposition conforme atteignant le seuil minimal de qualité exigé et offrant le plus bas per diem global à l'égard du projet en question.»

Mais on ne semble pas jeter la serviette.

Même si les délais sont dépassés, il y a toujours des échanges avec le promoteur, nous confirme la porte-parole, Karla Duval. «On est en train de finaliser le processus de sélection Quand il y aura une entente, elle sera annoncée», précise-t-elle.

À l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie, on est toujours dans l'attente d'un dénouement. Différents scénarios sont présentement envisagés par Infrastructure Québec et le Ministère, indique le porte-parole François Simard.

Retards

Le directeur général du CSSS de la Haute-Yamaska, Yves Fortin, reste circonspect. «Je ne peux pas commenter. Je ne fais pas partie du processus. Ce que je souhaite seulement, c'est une réponse rapide. J'espère que la clientèle concernée ne sera pas pénalisée par rapport aux trois autres projets», indique-t-il.

Tous les autres projets de CHSLD en PPP en Montérégie et à Laval ont été confiés à Nationax, un autre promoteur.

«Je veux juste que le CHSLD en PPP se réalise le plus rapidement possible. On a besoin des lits. On ne souhaite pas de retards», martèle-t-il.

Plus vite en PPP?

Ironiquement, lors de l'annonce de ce centre d'hébergement par le ministre Jean-Marc Fournier, en novembre 2007 à Granby, le PDG de l'Agence de la Montérégie d'alors, Luc Boileau, avait dit qu'il devrait être en mesure d'accueillir ses premiers résidants avant Noël 2009.

«Une des affaires qu'on nous avait dites, c'est que ça se réaliserait plus vite si on allait en PPP. Pour ce projet-là, ça n'a pas marché», constate le président du conseil d'administration du CSSS de la Haute-Yamaska, Jean-Marc Savoie. «On a toujours été sceptiques face à ça. Et les faits donnent raison à notre scepticisme», dit-il.

«Si on avait eu le projet (dans le réseau public), ça ferait longtemps que le centre serait réalisé et habité», a-t-il dit.

Le directeur général, Yves Fortin, ne cache pas, lui non plus, que ce projet traîne en longueur. «On peut penser que ce n'est pas le projet le plus rapide qu'on a vu se régler. Nous, on a toujours dit que la formule PPP, ce n'est pas notre choix. C'est un choix qui a été fait par le Ministère. Nous, ce qu'on veut, c'est des lits. On s'accommode des choix qui ont été faits», indique le dg.

À court terme, ces nouveaux délais n'auront pas d'incidences sur les personnes âgées en attente d'hébergement parce que l'établissement a «acheté» une quarantaine de places pour elles dans des résidences privées. Le centre de santé a reçu une compensation du Ministère pour assumer cette facture, compte tenu des délais importants pour construire ce nouveau centre d'hébergement. «Pour nous, c'est des solutions temporaires. On veut des solutions permanentes», précise le DG.

«On peut au moins desservir la population en attendant. Mais c'est sûr - que le nouveau centre - donnera idéalement plus de stabilité», ajoute Me Savoie.

Le président du C.A. garde toutefois espoir. «On a mené beaucoup de projets dans le passé qui ont pris du temps à aboutir; l'urgence a pris quelques années, mais elle est maintenant réalisée et opérationnelle. On avait l'impression que ça ne se ferait jamais, mais ça finit par se faire quand on est patients», observe-t-il.

Déception

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et respiratoires de la Haute-Yamaska, Sophie Séguin, n'en revenait pas de voir que le projet de centre d'hébergement serait encore vraisemblablement retardé.

«On n'a jamais été d'accord avec les PPP», dit-elle en faisant référence à la coalition Montérégie sans PPP formée de syndicats et de groupes sociaux. «Au-delà de ça, on constate que le centre n'est toujours pas construit et que si le projet avait été réalisé par le réseau public, on l'aurait. Le fait d'avoir choisi d'aller en PPP pénalise notre région», fait-elle valoir.

Elle précise que plus les années passent, plus les coûts de construction seront élevés.

«Ça m'inquiète comme professionnelle et comme citoyenne de la région. On doit arrêter de s'entêter à faire le projet en PPP pour avoir quelque chose de concret. Un moment donné, il faut qu'il se passe quelque chose. C'est désolant. Il faut qu'il y ait des pressions politiques et de la population. Il faut qu'on se mobilise», indique-t-elle.

Il n'a pas été possible de recueillir les commentaires du député de Shefford, François Bonnardel, à ce sujet.

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