Un projet à 1,2 M$ plutôt que 2,9 M$ pour le garage municipal à Lac-Brome

En assemblée samedi matin, les citoyens de Lac-Brome... (photo Maxime Sauvage)

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En assemblée samedi matin, les citoyens de Lac-Brome ont pris connaissance d'une nouvelle proposition beaucoup moins coûteuse que le projet initial.

photo Maxime Sauvage

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) Le controversé projet de construction d'un nouveau garage municipal à Lac-Brome a été largement revu à la baisse. Conviés en assemblée samedi matin, les citoyens ont pris connaissance d'une nouvelle proposition à 1,2 M$, beaucoup moins coûteuse que le projet initial évalué à 2,9 M$.

Quatre projets ont été soumis à la municipalité la semaine dernière. Selon le maire, Gilles Decelles, l'un d'eux, qui se chiffre à 1,2 M$, est à la fois le plus sobre et celui qui correspond le mieux aux besoins de la ville. «En passant le règlement d'emprunt de 2,9 M$, je me suis engagé à ne pas dépasser un montant de deux millions de dollars. C'est une bâtisse qui comble tous nos besoins», dit-il.

Au total, les contribuables de la municipalité devront acquitter une dette de 1,6 M$ puisqu'au montant initial de 1,2 M$, s'ajouteront les frais d'ingénierie et d'architecture évalués à 167 000 $, ainsi que ceux de la démolition et la décontamination du site de l'actuel garage, qui après une première évaluation sommaire, devraient coûter 125 000 $. Déjà 60 000 $ ont été dépensés dans le projet jusqu'à présent.

Après l'adoption à l'unanimité du règlement d'emprunt au début du mois de décembre dernier, plusieurs voix s'étaient élevées pour empêcher la municipalité d'aller de l'avant avec ce projet. Malgré tout, un nombre insuffisant de citoyens - 454, alors qu'il en aurait fallu 500 - s'étaient déplacés pour signer le registre afin d'exiger un référendum sur la question. Peter G. White, de l'Association des contribuables de Lac-Brome, avait alors envoyé une lettre au ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, demandant à ce dernier de bloquer le règlement.

Bien que le projet coûtera beaucoup moins cher, M. White n'a pas l'intention de retirer sa plainte. «Le maire devrait retirer son règlement d'emprunt de 2,9 M$ et en faire un nouveau de 1,6 M$. C'est de la mauvaise administration. On ne demande pas à la population d'emprunter deux fois plus qu'on a besoin», a-t-il fait valoir en entrevue, hier.

Si tout va comme prévu, la Ville ira en appel d'offres d'ici un maximum de cinq semaines. Le nouveau garage de 8900 pieds carrés sera situé sur le Chemin Mill, sur le même site que celui du traitement des eaux usées. Il est temps de passer à l'action, selon le maire Decelles, puisque le garage actuel a coûté pas moins de 60 000 $ en réparations cette année, en plus de 10 000 $ en chauffage.

Plusieurs changements au plan initial expliquent la diminution importante des coûts de construction, dont l'utilisation de matériaux moins chers, notamment pour le revêtement extérieur, ainsi qu'une superficie et une hauteur moindres. «Tout avait été dessiné sans préoccupation pour les coûts», raconte Gilles Decelles, qui assure que tous les conseillers municipaux sont d'accord avec cette nouvelle version du projet.

«Le nouveau garage devrait durer tant et aussi longtemps qu'il reste fonctionnel. Il n'y a pas de raison pour qu'il ne dure pas 100 ans... Je crois que les institutions publiques doivent toujours aborder des cas comme celui-ci dans une perspective à long terme. Ça fait une douzaine d'années que c'est une priorité. Nous avons les moyens et nous devons aller de l'avant», laisse savoir le maire.

Contestation

Plusieurs citoyens reprochent tout de même à l'administration municipale la gestion du projet, qu'ils qualifient de mauvaise. C'est le cas de Shelley Mizener, qui considère encore comme beaucoup trop approximatif le montage final de la construction.

«Je crois que nos élus n'ont pas fait leur travail. Ils n'ont pas fait de plans avant d'être mis au pied du mur. Ils n'étaient pas capables de répondre aux questions plus techniques, notamment sur nos besoins réels. Actuellement, nous n'avons pas les moyens de payer pour ça... Sommes-nous certains que c'est la meilleure solution? Ont-ils comparé avec ce qui s'est fait dans des municipalités environnantes pour s'en inspirer? Toutes les possibilités ont-elles été étudiées? La réponse est non», tranche-t-elle.

Peter G. White affirme de son côté que les élus «ont fait le processus à l'envers». Selon lui, la rencontre de samedi aurait dû avoir lieu avant l'adoption du règlement d'emprunt. «Ils n'ont visiblement pas fait d'analyses approfondies et quand nous leur demandions des questions plus techniques, ils ne savaient pas», tient-il à souligner.

Quant à lui, Jacques Fournier se questionne sur les coûts et bénéfices d'une telle construction, citant en exemple la municipalité de Cookshire-Eaton, qui a récemment bâti un nouveau garage municipal pour la somme de 500 000 $. «Je ne suis pas contre. Mais je trouve que ça se fait mal. Ça fait deux ans que le maire est supposé s'en occuper. On a peut-être les moyens de payer à Lac-Brome, mais il ne faut pas non plus gaspiller d'argent. Le premier souci du conseil devrait être de donner les meilleurs services aux citoyens en respectant les coûts et les bénéfices», commente-t-il.

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