Peu d'intérêt pour les petites municipalités pour le programme d'aide en génie

Les petites municipalités ne pourront obtenir de subventions... (photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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Les petites municipalités ne pourront obtenir de subventions pour la préparation des plans et devis de leurs projets et pour la surveillance des travaux.

photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est

Michel Laliberté
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) Les petites municipalités recevront moins d'aide financière que prévu pour développer une indépendance face aux firmes de génie-conseil. Les ingénieurs qu'elles engageront en vertu d'un programme spécial de Québec ne pourront pas préparer des plans et devis pour des projets d'infrastructures et ni ne pourront surveiller les travaux.

Contrairement à ce qu'a laissé entendre le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) cet automne en lançant le troisième volet du programme d'infrastructures Québec-Municipalités (PIQM 3), les ingénieurs embauchés par de petites municipalités pour s'occuper de leurs projets d'infrastructures devront s'en tenir à des rôles de consultation. Elles ne pourront demander d'être remboursées pour des tâches techniques qu'ils effectueront. Si les municipalités veulent profiter des subventions, elles devront continuer à faire affaire avec des firmes de génie-conseil pour préparer leurs plans et devis et pour assurer la surveillance des travaux.

Les modalités du programme, en place pour cinq ans (2012-2016), ne reflètent pas son esprit, dénonce Gilles Decelles. Le maire de Lac-Brome rappelle que la préparation des plans et devis et la surveillance des travaux sont les deux principaux besoins identifiés par les petites municipalités pour casser leur relation de dépendance avec les firmes de génie-conseil. En refusant de subventionner les petites municipalités dont les ingénieurs s'acquitteraient de ces tâches névralgiques, explique-t-il, le MAMROT ne règle aucunement leurs problèmes de manque d'expertise. «S'ils ne peuvent faire de plans et de devis et s'ils ne peuvent pas surveiller les travaux que les municipalités font faire par des entrepreneurs, ils vont servir à quoi? On ne leur demandera quand même pas de construire des ponceaux et de petits bouts de route!»

Trop d'influence

La question des relations entre les petites municipalités et les firmes de génie-conseil a été longuement débattue au cours de l'année par un groupe-conseil mis sur pied par le MAMROT. Il a étudié le processus d'octroi de contrats dans les petites municipalités. Le groupe arrive à la conclusion qu'elles n'ont pas la capacité organisationnelle d'assurer une «saine gestion» des processus contractuels conférant du coup une trop grande influence aux firmes de génie-conseil. «Le groupe-conseil ne peut que renchérir sur cette nécessité de développer une expertise indépendante qui permettra à toutes les municipalités de prendre des décisions éclairées, dans leurs intérêts», peut-on lire dans le rapport disponible sur le site internet du MAMROT.

Une vingtaine de MRC au Québec ont décidé d'adhérer au PIQM 3, a indiqué Robert Desmarais, directeur général de la MRC de Brome-Missisquoi. C'est par l'entremise des MRC que le MAMROT appliquera son programme. Dans Brome-Missisquoi, trois municipalités ont répondu à l'appel: Bromont, Sutton et Lac-Brome. Elles injecteront ensemble 137 939 $ dans le programme en 2012, alors que la MAMROT en versera 157 742 $, pour un total de 295 681 $. Ce budget, que gérera la MRC au nom du MAMROT, permettra l'embauche de trois ingénieurs.

Tous les détails dans notre édition de vendredi

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