Brome-Missisquoi : la vague NPD s'étend

Le président de la firme Segma, Raynald Harvey.... (photo archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Le président de la firme Segma, Raynald Harvey.

photo archives La Voix de l'Est

Nancy Beaulieu
La Voix de l'Est

(Cowansville) «La surprenante vague du NPD qui a déferlé sur le Québec cette semaine se manifeste également dans Brome-Missisquoi, au point de rendre l'issue du vote dans cette circonscription totalement imprévisible», soutient le président de la firme Segma, Raynald Harvey, à la suite d'un sondage réalisé cette semaine dans ce comté.

Avec 32% des intentions de vote exprimées dans le sondage réalisé pour le compte de La Voix de l'Est, le Bloc a 6 points d'avance sur le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral, qui figurent ex aequo en deuxième place avec 26% des intentions de vote (résultats après répartition des 18% d'indécis). Mais le NPD, dont les appuis augmentaient de jour en jour au cours du sondage, pourrait bien avoir pris les devants aujourd'hui, selon le sondeur.

«Le fait saillant de ce sondage est que le candidat NPD (Pierre Jacob) a vu ses appuis passer de 19% la première journée (le lundi 18 avril) à 33% lors de la quatrième journée du sondage (le jeudi 21 avril), ce qui le plaçait tout juste devant la bloquiste Christelle Bogosta pour cette seule journée. Pendant la même période, la bloquiste a vu ses appuis fondre de 19%!», souligne le sondeur Raynald Harvey dans son rapport. «C'est presque incroyable, ajoute ce dernier en entrevue téléphonique. Ça peut jouer de jour en jour, mais comme ça, c'est exceptionnel!»

Selon M. Harvey, «on assiste actuellement à une véritable course à trois» dans la circonscription, puisque «l'avance de la bloquiste se situe dans la marge d'erreur théorique du sondage (+ ou - 4,4%)».

Le sondeur croit toutefois que la progression du NPD va se poursuivre. «Je pense que ça va continuer, poursuit le président de Segma. On ne peut pas connaître l'issue du vote mais, si j'avais à gager, je dirais oui, que ça va continuer.»

«Les intentions de vote pour Denis Paradis sont restées stables au cours des quatre jours du sondage, explique le sondeur, mais au fur et à mesure que les gens vont réaliser que c'est possible de renverser les conservateurs avec le NPD, je pense que des (partisans) libéraux pourraient traverser au NPD pour battre le Bloc.»

«Lors de l'élection de 2008, le député sortant Christian Ouellet l'avait emporté 35% à 33% contre Denis Paradis et Christelle Bogosta, alors candidate NPD, n'avait obtenu que 9% des suffrages... Pierre Jacob gruge environ 25% des votes bloquistes et libéraux de 2008», rappelle-t-il dans son rapport du sondage.

«Compte tenu de cette lutte à trois, les candidats du Parti conservateur, Nolan Bauerle, et du Parti vert, Benoît Lambert, font plutôt office de figurants avec respectivement 11% et 5% des intentions exprimées», note-t-il.

La peur des conservateurs favoriserait le NPD

Selon M. Harvey, ce mouvement vers le NPD, qui serait selon lui de l'ordre de 30 à 35% dans les intentions de vote au Québec, s'expliquerait notamment par le fait que «Harper fait peur au Québec. C'est clair. Et le NPD apparaît être un meilleur rempart que le Bloc pour s'assurer qu'il n'y aura pas de gouvernement majoritaire conservateur au pouvoir». Selon M. Harvey, «ce n'est sûrement pas la force de l'équipe du NPD qui explique ces résultats,» parce qu'ils n'ont pas de vedette.

D'ailleurs, dans Brome-Missisquoi, les boomers francophones (55 à 64 ans) sont ceux qui ont le plus massivement déserté le camp bloquiste en direction du NPD, du moins jusqu'à présent», indique-t-on dans le rapport.

M. Harvey croit aussi que Jack Layton jouit d'un fort capital de sympathie auprès des Québécois, et son récent passage à l'émission Tout le monde en parle, à Radio-Canada, n'y est pas étranger, selon lui. Le sondeur croit aussi que le chef des libéraux, n'a pas réussi à convaincre les Québécois, et que le Bloc fait les frais d'une certaine «lassitude» des électeurs. «Gilles Duceppe a aussi fait une très mauvaise campagne, selon moi, et a été condescendant envers M. Layton lors du débat des chefs en français», dit M. Harvey.

Le Bloc réfugié dans la forteresse de Magog

Pour le moment, Christelle Bogosta conserve une bonne avance sur le NPD dans la forteresse bloquiste de Magog. Le Bloc, le PLC et le NPD sont nez à nez dans le reste de la circonscription.

Le libéral Denis Paradis se repose sur son noyau dur historique, soit les anglophones (de langue maternelle) et les 65 ans et plus, indique-t-on également dans le rapport.

«À la vue de ces résultats, trois scénarios semblent encore possibles: la vague NPD s'arrête aussi soudainement qu'elle a commencé pour permettre au Bloc de conserver la circonscription; l'érosion du vote touche davantage le Bloc d'ici le 2 mai, permettant au candidat libéral de passer entre le Bloc et le NPD (scénario le moins probable compte tenu de la fermeté des intentions de vote et le positionnement de chaque parti); la déferlante NPD se transforme en tsunami et procure à Jack Layton une victoire aussi surprenante qu'inattendue dans Brome-Missisquoi!», estime M. Harvey dans son rapport.

Les appuis bloquistes plus fermes que ceux des libéraux

«À 10 jours de la tenue du vote, plus de quatre électeurs sur dix (42%) affirment pouvoir encore changer d'idée. On constate que les partisans du Bloc québécois sont plus fermes dans leur intention de vote, alors que 31% admettent pouvoir encore changer d'idée, contre 41% chez les conservateurs et 48% chez les libéraux. On constate que 45% des appuis néo-démocrates peuvent changer de camp, mais c'est une proportion normale, explique M. Harvey, dans la mesure où nombre d'entre eux ont changé de camp pas plus tard que cette semaine. Les désaffections du Bloc et des conservateurs ont principalement profité au NPD durant toute la durée du sondage et si l'hémorragie se poursuit, elle pourrait permettre une étonnante victoire du NPD dans Brome-Missisquoi à la toute fin, le 2 mai.»

Taux de participation peu déterminant

«L'analyse des intentions de vote en fonction de la probabilité que les répondants aillent voter le 2 mai n'apporte pas de changement notable au portrait des résultats. Il reste que dans un contexte aussi serré, la capacité des organisations à faire sortir le vote peut jouer un rôle décisif, si évidemment les écarts se rétrécissent davantage», évalue-t-on dans le rapport.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer