«C'est notre partenaire principal», a convenu hier en entrevue l'instigatrice du projet, Caroline Gosselin. Pour l'heure, la participation de la Ville de Granby dans le projet totalise 542 000$ en services (drainage du terrain, aménagement du stationnement, etc.) et en argent sonnant. Comprise dans cette somme, l'octroi, l'automne dernier, d'une aide de 275 000$ qui n'a d'ailleurs pas fait l'unanimité au sein du conseil municipal: deux conseillers s'y sont opposés, Pascal Bonin et Yves Pronovost.
En juillet 2008, alors que le projet en était à ses balbutiements, Mme Gosselin avait pourtant affirmé qu'elle «ne demanderait pas le soutien financier de la Ville». La réalité s'est révélée tout autre. «Le projet de la ferme est un projet d'envergure qui nécessite d'importants travaux d'infrastructures avant d'ouvrir au public. Comme les bâtiments appartiennent à la Ville, il est normal qu'elle contribue à leur mise à niveau», estime-t-elle aujourd'hui.
À terme, la ferme doit avoir une vocation écotouristique avec un potager-école, des jardins thématiques, une ferme avec trois races d'animaux patrimoniaux et un café-boutique. Différents ateliers et des animations seront aussi présentés sur le site, qui donne accès aux sentiers du Boisé Miner.
Plus complexe
Même si elle est toujours aussi enthousiaste au sujet de la Ferme Héritage Miner, Caroline Gosselin avoue que le projet se révèle «plus complexe» qu'elle ne l'avait envisagé au départ. Le nombre d'intervenants (architecte, ingénieur, ministère de l'Environnement, etc.) dans le dossier s'est multiplié au fil des étapes. «Nous sommes deux dans l'équipe permanente, mais nous avons la chance d'avoir un conseil d'administration qui nous soutient beaucoup. Le CLD nous aide aussi. La tâche est énorme, mais nous sommes confiants», dit-elle.
«Il demeure réaliste, et souhaitable que notre organisme vise l'autonomie financière. Nous mettons tout en oeuvre pour que notre entreprise d'économie sociale se développe sainement, dans une perspective de rentabilité», ajoute la directrice de la Ferme Héritage Miner.
Jusqu'à maintenant, les subventions accordées ou promises par différents programmes ou paliers de gouvernements cumulent le demi-million$. Une partie de cet argent a notamment été utilisée pour la réalisation d'un plan directeur, pour assumer les frais d'expertise d'architecture et d'ingénierie et pour aménager un jardin éducatif.
Mais comme les coûts totaux du projet sont de 1,7 million$, d'autres demandes de subventions importantes ont été déposées auprès de diverses instances gouvernementales et paragouvernementales. Une campagne de financement devrait aussi être lancée éventuellement. Mais bien des détails restent encore à régler, dit Mme Gosselin.
Vers une ouverture
Le gros morceau de la première phase des travaux est toutefois la rénovation de la maison de la ferme. Ceux qui circulent dans la rue Mountain auront noté que des travaux ont été réalisés l'année dernière pour démolir l'annexe de la maison. Le but : rénover le « carré de maison original « et l'agrandir a n qu'il accueille un café-boutique ainsi que les bureaux de l'organisme. Un appel d'offres a été lancé. Le nom du constructeur retenu devrait être annoncé d'ici quelques jours, indique Mme Gosselin. Les travaux seront réalisés au cours des prochains mois.
Ouvert possiblement dans le courant de l'été, le café-boutique permettra de générer quelques revenus. Y seront notamment vendus : les produits de soins pour le corps que la Ferme souhaite développer avec les plantes de son jardin, des marinades et con tures, mais aussi des oeuvres d'artisans locaux. Différents ateliers pourraient être tenus sous ce nouveau toit.
« On aimerait aussi avoir quelques animaux à la Ferme cet été, mais on ne pourra peut-être pas avoir tout de suite de grands animaux, comme des chevaux ou des vaches «, dit Mme Gosselin.
Avant d'ouvrir au public, la maison devra aussi être raccordée au réseau
d'aqueduc et d'égout qui sera prolongé cet été dans le secteur. « Il y a encore de grandes étapes à franchir avant d'arriver à l'ouverture «, lance la directrice de la Ferme.
Bref, le projet avance, mais, même si le public aura bientôt accès au
site, les travaux semblent appelés à s'échelonner dans le temps, car il restera par la suite la légendaire grange rouge et la laiterie à rénover.